Le CETA, l'accord commercial entre l'Union européenne et le Canada, sera soumis au vote des députés mercredi après-midi.

Les discussions sur cet accord controversé sont passées au second plan avec la crise du nouveau coronavirus. Mardi à la Chambre, toute l'opposition a encore tenté de modifier l'ordre du jour de mercredi et de repousser ce vote à plus tard, mais sans succès. A propos de ce vote, deux organisations, Stop TTIP/CETA et Votum Klima, parlent d'un scandale politique.

Le vote sur l'accord CETA serait un coup de massue, surtout pour les gens qui souffrent à présent à cause de la crise sanitaire, selon Blanche Weber, qui s'exprime au nom de la plateforme STOP TTIP & CETA. Il ne serait pas responsable de faire passer un vote si important pendant l'état de crise. Et ce, d'autant plus qu'avec la crise sanitaire, l'intérêt pour une économie plus locale a augmenté dans la société.

Un véritable débat avec des manifestations est impossible en ce moment. C'est pour cela que le sentiment que ce vote doit être extorqué, serait perceptible, selon Blanche Weber.

Les plateformes Stop TTIP & CETA et Votum Klima, qui représentent une quarantaine d'organisations, avaient réclamé dans un communiqué le report du vote sur le CETA.

Une manifestation en solitaire sur la place d'Armes

"Stop CETA! Stop CETA!", crie Jeff Cigrand, le président du parti "d'Partei", dans son mégaphone. Il manifeste seul. Il respecte la règle de la distanciation sociale, explique Jeff Cigrand.

"J'ai dit très clairement dans mon annonce que je serai seul ici. Nous pensons qu'on ne peut pas simplement laisser passer un sujet aussi controversé pendant une crise."

Mercredi, l'accord commercial CETA sera soumis au vote des députés. Cet accord est très controversé tant du point de vue social qu'écologique. Les partis de la majorité vont voter en faveur du CETA. De manière moins satirique que le manifestant solitaire de la place d'Armes, le parti d'opposition "déi Lénk" exprime son effarement:

"Que les Verts et le LSAP soutiennent quelque-chose comme cela, est catastrophique à nos yeux. Je ne sais pas si c'est de la bêtise ou de l'opportunisme. C'est peut-être un mélange des deux", selon le député David Wagner.

Tous les partis d'opposition ont encore tenté mardi de modifier l'ordre du jour du débat public et de reporter le vote sur le CETA, mais sans succès, comme on l'a précisé plus haut.

"S'il peut rester à l'ordre du jour, il est clair que la majorité profite de la situation. Et c'est indigne d'un Etat de droit", selon Gast Gibéryen.

Mais la majorité à la Chambre veut un vote mercredi. Le rapport sur le projet de loi est prêt et peut être voté, explique Georges Engel, le président du groupe parlementaire LSAP: "La Chambre ne doit pas être retardée dans son fonctionnement normal par l'état de crise."

Les Lénk voteront contre la loi CETA mercredi. Cet accord n'aurait rien à voir avec l'économie circulaire, répète David Wagner.

"Le CETA et d'autres accords avec cette ligne directrice (...) c'est totalement ''Bullshit''. Et le pire: nous allons dans une direction, où nous produirons encore plus de commerce intercontinental, ce qui signifie que des biens, que l'on pourrait produire sur place, seront transportés ici et là."