Le ministre des Affaires étrangères a déclaré dans une interview à RTL que son ministère recevait ces derniers jours des réclamations de communes et de résidents à cause des contrôles frontaliers menés en Belgique.

Des problèmes ont été signalés récemment à la frontière belge. Il est question de nombreux contrôles, d'amendes salées et d'une situation ubuesque à Huldange, au lieu-dit "op der Schmëtt". Le ministère a pris contact avec les autorités belges.

"Nous n'avons eu aucune réclamation avec la Belgique jusqu'à ces derniers jours. A présent nous avons des citoyens et des communes qui se plaignent et nous sommes à l'écoute au ministère", dit Jean Asselborn.

Ces derniers jours, côté belge, les contrôles ont été renforcés à la frontière avec le Luxembourg. Le déconfinement n'a pas encore commencé chez nos voisins. Les contrôles concernent aussi bien les entrées que les sorties. Les Belges ont besoin d'une bonne raison pour quitter le royaume et aller faire ses achats n'est pas un motif valable.

Il faut accepter que les règles ne soient pas les mêmes qu'au Luxembourg, concède Jean Asselborn. Si un résident luxembourgeois va se promener sur le territoire belge sans raison ni autorisation, il risque d'être verbalisé, c'est ainsi.

© Domingos Oliveira

Mais ce qui pose problème, c'est une situation telle que ce qui s'est passé récemment à Huldange, au lieu-dit "op der Schmëtt".

"Que des personnes soient verbalisées dans une zone commerciale où on ne peut pas savoir ce qui est belge et ce qui est luxembourgeois, cela ne contribue pas à une bonne ambiance et nous ne pouvons pas l'accepter."

© Geoportail Grenz Lëtzebuerg-Belsch

Les autorités belges ont été contactées:

"Nous avons informé l'Ambassade de Belgique que des personnes s'irritaient avec raison. Je pense que les autorités belges comprennent que le bon sens doit prévaloir et qu'il ne faut pas provoquer les gens, particulièrement dans une période qui est déjà agitée."

Si ces incidents devaient se répéter, le ministre n'exclut pas de prendre contact avec son homologue belge, Philippe Goffin. Jean Asselborn est aussi intervenu auprès de Berlin et a obtenu la réouverture de plusieurs petits postes frontières en Allemagne. Le ministre des Affaires étrangères continue évidemment de demander la réouverture de toutes les frontières.

"La police allemande à Schengen sur le pont, cela n'a pas vraiment donné une bonne image, je l'ai dit aussi à Berlin."

Au gouvernement allemand, tout le monde ne voit pas les choses de la même façon:

"Il y a le ministère des Affaires étrangères, qui manifeste beaucoup de compréhension et il y a le ministère de l'Intérieur qui a d'autres réflexes et qui pense que l'on peut arrêter le virus avec la fermeture des frontières, ce qui est faux."