Fin mars, un hôpital de campagne de l'Otan a été acheminé au Luxembourg depuis l'Italie, afin de pouvoir faire face à un éventuel débordement des infrastructures hospitalières.

L'armée a ensuite installé cet hôpital de campagne devant le Centre hospitalier de Luxembourg. A ce jour, ces installations n'ont pas encore dû être mises en service car les capacités hospitalières n'ont pas été dépassées. La directrice médicale du CHL, le Docteur Martine Goergen, a reconnu lundi lors d'une visite organisée pour la presse, que le dispositif était spartiate, mais les lits reçus de l'armée sont un grand luxe et nous sommes favorisés en comparaison de l'étranger.

La visite en compagnie du Premier ministre et de la ministre de la Santé, a commencé par le centre de tri, qui est aussi hébergé sous des tentes fournies par l'OTAN. C'est là que sont séparés les patients présentant des symptômes Covid-19, des patients non-suspects. Alors que le parcours de ces patients "verts" se poursuit à l'intérieur de l'hôpital après l'admission et un premier contrôle, celui des patients potentiellement infectés se poursuit à l'extérieur de l'établissement.

Docteur Marc Simon, responsable des urgences: "Ensuite les malades sont dirigés vers le passage vers la deuxième tente. Là, ils voient une nouvelle fois le médecin de manière détaillée. Ce dernier demande pourquoi ils viennent et essaie de lancer toute la démarche. Le patient reçoit son analyse de sang, on lui fait un électrocardiogramme et si nécessaire, il va au scanner, qui est juste derrière."

Environ deux tiers des patients infectés au Covid-19 doivent être hospitalisés après le scanner. Aucun patient nécessitant une hospitalisation n'a toutefois dû séjourner dans l'hôpital de campagne installé sur le parking du CHL jusqu'à présent. Là aussi, des tentes sont prévues pour différentes catégories de patients. Les tentes militaires qui ont été acheminées depuis l'Italie par l'OTAN, comptent en tout 40 lits. D'un côté, une dizaine pour les cas suspects mais pas trop graves, pour lesquels on ne dispose pas encore de tous les résultats, de l'autre côté, 30 lits supplémentaires.

Docteur Martine Goergen: "Là, nous pourrons aussi hospitaliser des patients. Ce seront des gens testés positifs au Covid-19, mais plutôt des cas légers, pas des patients qui ont besoin d'une réanimation, mais qui devront cependant faire l'objet d'une surveillance."

RTL

© Facebook / CHL



Le patient pourra être pris en charge dans la tente comme dans une chambre d'hôpital normale:

Docteur Martine Goergen:
"Ici ce seront des soins tout à fait normaux, comme dans une chambre normale, le patient pourra aussi être placé sous oxygène. Des tuyaux ont été posés à cet effet, pour que le patient puisse recevoir de l'oxygène. Tout a été équipé de manière à ce qu'on puisse donner au patient ses soins normaux."

Le CHL est bien préparé, mais il a fallu s'organiser pour cette nouvelle situation:

Docteur Martine Goergen: "Tout a été organisé, combien de médecins travaillent ici, la permanence des infirmières. Les soins ne sont pas différents, mais tout a été mis en place avec les équipes de manière à ce que si cela arrive, nous pourrons commencer du jour au lendemain."

Cela n'a pas été nécessaire jusqu'à présent. Lundi après-midi, 34 patients Covid-19 étaient hospitalisés au CHL. Le nombre de nouvelles infections est en recul. Mais ces infrastructures supplémentaires rassurent, selon la ministre de la Santé.

Paulette Lenert: "Nous sommes définitivement bien préparés. Comme vous le voyez sur le site, le Luxembourg est vraiment préparé. Plusieurs personnes pensent que ce n'était peut-être pas nécessaire. Ce que je ne considère pas ainsi. Je pense que nous avons essayé de mettre en place de véritables infrastructures supplémentaires à temps, pour ne pas être dans la situation dans laquelle étaient certains pays voisins, qui ont été surpris et submergés."

Les tentes et le matériel ont été mis gratuitement à disposition du Luxembourg par l'Otan. L'Etat devra seulement intervenir financièrement pour le transport et d'éventuels dégâts. Le matériel sera renvoyé une fois que l'épidémie sera sous contrôle et que nous n'aurons plus besoin de cet hôpital de campagne.