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Le déconfinement a beau avoir été esquissé par le gouvernement, la durée du pic de l'épidémie est très incertaine.
La plupart des pays européens y sont confrontés ou le seront d'ici quelques jours: le pic de l'épidémie de coronavirus. Mais que signifie-t-il vraiment?
Au Luxembourg, le "pic" du nombre des hospitalisations devait justement se produire à partir de la mi-avril, comme l'avaient estimé Romain Nati et Claude Braun, respectivement, directeur général du Centre hospitalier de Luxembourg et directeur médical des Hôpitaux Robert Schumann. Ce qu'a finalement confirmé la ministre de la Santé Paulette Lenert mercredi 15 avril: "Depuis cinq jours, on voit clairement que l'occupation des lits dans les hôpitaux se relâche. Il y a moins de tension, moins de personnes infectées."
UN PLATEAU PLUTÔT QU'UN PIC
Pour autant, le terme de "pic" a le défaut d'être connoté avec un sommet, généralement suivi d'une descente rapide. Dans le cas du coronavirus, la baisse du nombre des hospitalisations ne sera pas rapide. Le nombre de patients devrait plutôt rester stable, voire légèrement faiblir. Dans ce cas, on parle de "plateau", qui représente une stagnation du nombre de patients admis à l'hôpital. Ce que nous confirme la cellule de crise Covid-19: depuis une dizaine de jours, le nombre de malades admis en soins intensifs est "stable", avec une quarantaine de cas.
Malgré tout, le Luxembourg n'est pas au bout de ses peines. "Le virus est toujours dangereux. Il a un taux de mortalité effrayant. C'est une maladie très grave. Les gens qui ont attrapé ce virus le savent: il n'est pas facile de survivre aux complications qu'il provoque. Et ce n'est pas facile pour le personnel du secteur de la santé" a rappelé la ministre. Ce que les propos du Dr Philippe Turk, chargé de la coordination des hôpitaux à la cellule de crise, semblent attester: "Les patients qui quittent la réanimation sont très affaiblis et nécessitent souvent une hospitalisation nettement plus longue pour retrouver leur autonomie, voire un séjour complémentaire en convalescence ou en rééducation fonctionnelle."
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Dans le cas du Grand-Duché, le plateau s'est produit alors que les capacités maximales des hôpitaux n'ont pas été atteintes, preuve que l'épidémie a été bien contrôlée. À l'étranger, le plateau des hospitalisations coïncide avec un nombre élevé de décès. Le plateau ne peut donc pas être perçu comme une victoire mais s'apparente à un cap à passer, car il signifie que la pression sur le secteur de soins va se maintenir durant plusieurs jours."La charge de travail liée au Covid-19 est essentiellement liée au séjour prolongé - de l’ordre de 3 semaines - des patients en réanimation et qui nécessitent une assistance respiratoire" nous explique le Dr Philippe Turk.
Le pire, pendant ce plateau, serait de relâcher trop vite les mesures de confinement et de distanciation sociale. "La première vague est derrière nous, elle était relativement douce", constate Paulette Lenert. "Maintenant, il ne faut pas repartir à fond et provoquer une deuxième vague. C'est pour cela qu'il faut diminuer les contacts, garder de la distance... Chaque activité remise en route créera justement des contacts. Il faut conserver les gestes barrières et diminuer le risque de propagation du virus. C'est pour cela que nous recommandons maintenant la protection buccale (le masque, ndlr)."