"Le Barreau doit être aidé", souligne le Bâtonnier François Kremer dans une interview à RTL. L'existence de 6.000 personnes serait en jeu.

Le Bâtonnier réagit à un message écrit par Dan Kersch dans une discussion sur Facebook, dans laquelle il était question des indemnités pour indépendants.

Le ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Economie sociale et solidaire, avait notamment parlé de riches avocats, qui ne pourraient par recevoir d'indemnités de l'Etat.

"Il y a de riches avocats, mais la majorité ne sont pas des gens riches", affirme le Bâtonnier François Kremer.

Il met en garde contre une catastrophe si le gouvernement ne reconnaît pas le problème et explique les différentes formes du métier: "Il y a ces études qui travaillent à titre individuel. Comme au 19e siècle: avocat, stagiaire, secrétaire et comptable qui travaillent seuls. Et à l'autre bout du spectre, nous avons des sociétés, ce qui au fond est plutôt nouveau, parce que jusqu'à une certaine époque, nous ne pouvions pas pratiquer en tant que société, mais aujourd'hui, c'est normal. Ce sont tous des gros cabinets, ce sont des sociétés sous différentes formes juridiques, mais des sociétés qui emploient du personnel et des collaborateurs."

Ceux qui travaillent dans ces sociétés ont droit au régime du chômage partiel. Mais les études et leurs collaborateurs qui travaillent seuls, n'y ont pas droit.

Nous nous réjouissons évidemment de l'indemnité non-remboursable de 2.500 euros, mais cela ne va pas suffire pour résoudre le problème.

"Nous attendons concrètement du gouvernement qu'un indépendant ou un stagiaire, un collaborateur sous le régime indépendant, reçoive aussi le chômage partiel, comme s'il était un salarié."

Ce sont surtout les avocats qui gagnent leur vie en plaidant devant les tribunaux, qui sont actuellement "au plus mal", comme dit le Bâtonnier.

"Tous ceux qui reçoivent normalement le client et ensuite, plaident l'affaire, ils ne reçoivent plus personne pour l'instant et ils ne plaident plus non plus. Cela signifie qu'ils ont zéro revenu et que leurs frais continuent à courir comme d'habitude. Ce sont surtout ceux-là qui doivent être aidés et c'est justement à cause d'eux qu'il n'est pas acceptable que le ministre du travail, de l'Emploi et de l'Economie sociale et solidaire dise: "les avocats, ce sont beaucoup de gros nantis que nous n'avons pas besoin d'aider"."

François Kremer en arrive à la conclusion que 6.000 personnes vont avoir de gros problèmes si le Barreau n'obtient pas d'aide.

"Nous avons en tout environ 3.000 avocats. Disons que la moitié sont dans le régime indépendant et chacun emploie une secrétaire, un comptable et un collaborateur. 3.000 membres divisés par deux, 1.500 fois quatre, ça fait 6.000 salaires qui dépendent d'une aide et c'est quand même substantiel."

Le Bâtonnier a réagi dans un courrier au message de Dan Kersch. Auparavant, il avait déjà écrit à la ministre de la Justice, Sam Tanson, et au Premier ministre, Xavier Bettel, afin de recevoir des aides.