Au Luxembourg, les commerces non alimentaires sont fermés depuis plus de deux semaines. La vente en ligne permet de sortir la tête de l'eau.

La consigne est toujours de rester à la maison. Et là, chacun a évidemment la possibilité de s'adonner au shopping en ligne. À côté des grands sites internationaux, il y a aussi "letzshop.lu", qui regroupe des commerces luxembourgeois et permet à chacun d'acheter local en ces temps de coronavirus.

Le site "letzshop.lu" existe déjà depuis 18 mois, mais comme l'a constaté Jerry Klein, responsable du projet, la demande est particulièrement forte en ce moment.

"En termes de valeur, nous avons augmenté les ventes de 10 à 30 fois. Cela signifie que tous les commerces qui nous ont rejoints, ont la chance de vendre ses produits. Et les boutiques qui sont présentes chez nous et qui communiquent vers l'extérieur, font effectivement de plus grosses ventes."

Nouvelles demandes d'adhésion

Le site arrive à suivre. Le défi est plutôt de traiter les nouvelles demandes de commerces qui veulent maintenant aussi être présents sur letzshop.lu.

En temps normal, les commerces payent 500 euros par an pour figurer sur letzshop, mais à cause de cette crise, il a été décidé de renoncer à cette cotisation pour l'année 2020. "Cela permet de simplifier les choses pour les commerçants qui veulent nous rejoindre et ça aide ceux qui sont déjà présents chez nous à passer outre cette période difficile".

290 commerces locaux

On retrouve actuellement 290 enseignes290 enseignes sur la plateforme, du magasin de meubles à celui d'alimentation en passant par des libraires ou les vêtements.

Quels sont les achats les plus courants en ces temps de crise sanitaire?

"Nous remarquons par exemple que les gens ont envie de travailler au jardin. Ils achètent des nettoyeurs à haute pression ou de l'écorce de pin. Ce qui est aussi intéressant, c'est que nous avons pris de nouveaux commerces en ligne qui vendent de l'alimentation, par exemple du chocolat ou du fromage. Et dès le premier jour où ils sont en ligne, ils vendent leurs produits, là où il faut normalement quelques semaines pour que les gens remarquent que ces boutiques sont sur letzshop.lu. Cela a terriblement accéléré."

La vente virtuelle est habituellement seulement un à-côté de la vente en boutique, mais le shopping en ligne est devenu pour les commerces locaux, l'unique possibilité de vendre leurs produits en attendant qu'ils puissent rouvrir.

Bilan positif pour corona.letzshop.lu

Un site spécifique a été créé à côté du site traditionnel letzshop.lu. Corona.letzshop.lu est réservé aux personnes vulnérables qui ne peuvent pas faire leurs courses. Le service est en place depuis deux semaines et le premier bilan est positif, selon Jerry Klein, responsable de letzshop.lu.

"Les deux premiers jours où ça a été annoncé, cela a été une ruée sur le système, ce qui a conduit à quelques problèmes pour notre logistique, qui était toute neuve et n'avait encore aucune expérience. Tout cela s'est à présent stabilisé, et une certaine routine s'est installée. Chacun sait ce qu'il a à faire et chacun sait aussi quelle quantité de commandes arrive environ chaque jour.

Nous avons également lancé une hotline pour ceux qui n'ont pas accès à internet. Les personnes vulnérables sont très souvent des personnes déjà âgées, qui ne sont pas nécessairement formées aux nouvelles technologies. Elles peuvent nous appeler via la hotline 8002 9292, où des gens leur répondent et passent leur commande en ligne. elles ne doivent alors pas payer en ligne non plus, notre système leur envoie automatiquement une facture."

150 à 200 commandes par jour

Les premiers jours, de 400 à 500 commandes ont été enregistrées chaque jour. Maintenant, elles sont passées de 150 à 200 par jour. La livraison se fait dans les deux jours. Le site corona.letzshop.lu propose des biens de première nécessité, sans indication de marques.

"Nous faisons appel à plusieurs fournisseurs différents pour commander les mêmes produits. Cela signifie qu'aujourd'hui, le fournisseur A peut livrer le thon, et demain, ce sera le fournisseur B. Ce sont deux marques différentes. Ce qui explique que nous avons décidé de n'indiquer aucune marque. Le prix que l'on voit en ligne est un prix que nous avons calculé en faisant une moyenne, toujours en faveur du client, c'est-à-dire toujours aussi bas que possible. Ceci n'est pas une initiative pour faire gagner de l'argent à quiconque. Que le client soit assuré de recevoir un produit, mais qu'il ne puisse pas choisir une marque précise. Ce serait ingérable logistiquement en cette période. Et pas vraiment dans l'esprit du projet."