Pour sauvegarder l'emploi et les commerces de détail du Luxembourg, la Fondation Idea propose des mesures d'encadrement des loyers au niveau national.

Le gouvernement a beau avoir pris plusieurs mesures de soutien aux commerces mis à l'arrêt par la crise du coronavirus, leurs propriétaires n'en sont pas moins anxieux. Cette pause forcée de l'économie pourrait avoir raison de plusieurs d'entre eux.

Pour compléter l'accès simplifié au chômage partiel, le report des impôts et la suspension des loyers par certaines villes, la Fondation Idea - chargée par la Chambre de Commerce d'explorer de nouvelles idées - propose de généraliser cette dernière action en créant une "mesure nationale" d'encadrement des loyers: celle-ci viserait "à reporter et/ou à limiter les loyers des établissements concernés par la fermeture administrative".

"Par exemple, il pourrait être décidé par le législateur que les établissements affectés par la fermeture administrative (restaurants, cafés, et commerces hors-alimentation) voient à la fois leur loyer baisser d’un certain pourcentage pendant la durée de la fermeture, et le paiement de la partie restante due échelonné sur une période de plusieurs mois après la crise" détaille la Fondation. Une solution de secours qu'une loi de 1982 rend théoriquement possible.

En plus des salaires, la tension et la valeur du marché immobilier mettent aujourd'hui en péril de nombreux commerces. Notamment ceux qui ne bénéficieraient pas d'un élan de solidarité aujourd'hui laissé au bon vouloir des propriétaires des locaux: "des efforts considérables sont faits par les pouvoirs publics pour "subventionner" la baisse d’activité en prenant le relais sur le volet des salaires, un minimum de "symétrie" pourrait légitimement être demandé à l’ensemble des bailleurs commerciaux". Plus de 4.000 entreprises pourraient ainsi en profiter.

Plutôt qu'une suspension simple et sans compensation des loyers, Idea propose de créer un mécanisme de soutien afin de ne pas mettre en difficulté les bailleurs, qui ont eux aussi des contraintes financières à respecter. "À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles…" commente la Fondation.