Afin d'éviter la propagation du coronavirus, toute vie publique et commerciale est mise entre parenthèses depuis une bonne semaine.

C'est aussi valable pour les commerces ne présentant pas un caractère indispensable, qui n'avaient jamais dû fermer leurs portes pendant une période aussi longue ces dernières décennies. L'Etat a certes rapidement promis des aides financières considérables, mais malgré ces mesures, cela risque de devenir juste pour de nombreux commerçants si la situation s'éternise.

Marc Müller a quatre boutiques et emploie 15 personnes, qui sont actuellement en chômage partiel, ce qui signifie qu'elles ne travaillent pas et qu'elles perçoivent seulement 80% de leur salaire. Des dépenses que l'Etat va rembourser aux entreprises. Les charges sociales et les impôts sont momentanément ajournés. Le commerçant est très reconnaissant de ces mesures, mais un autre gros souci subsiste:

Marc Müller, commerçant et président de la Fédération des modistes: "Ce qui est important, c'est de savoir maintenant ce qui se passe avec les loyers. Parce que dans mon cas, j'ai à présent plus de dépenses de loyers que de salaires."

Les frais fixes continuent à tomber alors qu'il n'y a plus de revenus. Une catastrophe pour les entreprises, selon la Confédération du Commerce.

Fernand Ernster, président de la CLC: "C'est pourquoi nous réclamons effectivement un moratoire sur ces loyers, que les loyers soient repoussés à plus tard. Et que, dans la mesure du possible, ces loyers soient reconsidérés et réduits à un minimum."

C'est l'un des restaurants qui prennent encore des commandes et font des livraisons. Cela permet à deux employés de continuer à travailler et à l'établissement de rester en contact avec ses clients. Il y a beaucoup de commandes, assure Caroline Thill. C'est bon pour le moral.

Caroline Thill, responsable d'un restaurant: "Les gens soutiennent déjà leurs entreprises et nous nous en réjouissons vraiment. Cela apporte très clairement quelque-chose, même si ce n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan. Chaque centime compte dans une telle situation."

Les revenus sont loin de compenser les pertes. Les salaires de mars arrivent à échéance dans les prochains jours et l'argent va devoir être avancé par les entreprises. Ce qui pourrait conduire à des problèmes de liquidités.

Caroline Thill: "Cela dépend aussi de la rapidité avec laquelle cet argent peut être versé. Des confrères avec lesquels j'ai parlé, ne peuvent pas avancer deux ou trois mois."

Il faut ajouter à cela la pression des fournisseurs pour se débarrasser des marchandises commandées, selon Marc Müller. Pour réagir rapidement aux problèmes de liquidités, les entreprises peuvent obtenir des crédits avec l'aide de la Mutualité de cautionnement, ou encore se faire avancer l'argent par l'Etat. Il faudra voir si ces mesures suffisent. Une chose est sûre, les commerçants sont inquiets, d'autant plus que personne ne sait combien de temps va durer la crise.

Marc Müller: "Même une entreprise comme la nôtre, qui existe depuis trois générations. C'est la plus grave crise que nous ayons vécu depuis la deuxième guerre mondiale. Et notre entreprise a subi la deuxième guerre mondiale. Je pense que cette crise peut anéantir une entreprise comme la nôtre."

Marc Müller reste cependant optimiste. Avec de la bonne volonté et de la solidarité, cette situation pourra être maîtrisée.