Avec le confinement et le stress, le risque de conflits et de violences domestiques augmente. Le service Riicht Eraus de la Croix-Rouge et le Service d’assistance aux victimes de violences domestiques de Femmes en détresse sont en première ligne.

Entre l'angoisse d'une dangereuse promiscuité, la peur de se signaler et les doutes sur la capacité des forces de l'ordre à intervenir rapidement, l'inquiétude plane sur les victimes: le foyer familial n’est pas pour tout le monde un endroit sûr.

Aller faire les courses ou aller travailler représente souvent une "respiration" dans le quotidien des femmes victimes de violence. Voir son conjoint quitter la maison pour se rendre au travail également. En cette période de confinement, c'est plus compliqué.

Pendant cette période, Femmes en détresse a.s.b.l. continue à assurer ses missions d’aide aux victimes de la violence domestique en cette période de crise. "Nous essayons de suivre les recommandations de confinement, tout en restant joignables pour les victimes. Nos refuges restent ouverts et accueillent les victimes", indique Andrée Birnbaum, directeure générale de Femmes en détresse.

Après une semaine de confinement, la police est intervenue une dizaine de fois pour expulser des personnes violentes. "C'est déjà plus qu'en temps normal, et ça risque d'augmenter", commente Laurence Bouquet, psychologue et responsable de Riicht Eraus

"Actuellement nos chiffres restent stables, nous avons conscience que cela risque de changer si le confinement perdure pendant une longue période. Le confinement ne laisse pas beaucoup de chance d’échappatoire, la peur des gens, la panique, les stress sont tous des éléments qui peuvent déclencher davantage une situation critique",

PRÉVENTION ET RÉACTION

"Personne n’est à l’abri de la violence domestique",. "C'est un phénomène qui touche tous les contextes familiaux et tous les milieux sociaux", estime Laurence Bouquet.

En temps normal, Riicht Eraus prend en charge les auteurs de violences domestiques, dans le cadre légal des mesures d'éloignement, mais travaille aussi à la prévention. "Pendant cette période, nous ne pouvons pas organiser de rendez-vous physiques, alors nous avons mis en place une permanence téléphonique", assure-t-elle.

C'est ce lundi que la permanence a commencé, mais le service étaient joignables avant le week-end. "Nous avons déjà reçus plusieurs appels et plusieurs e-mails de personnes qui se posent des questions et veulent du soutien pour ne pas 'craquer'".

Si le confinement est obligatoire, les personnes en danger ont le droit de s’échapper pour aller chercher de l’aide. "Il ne faut surtout pas rester dans une situation de détresse sans rien faire: s’enfuir, appeler à l’aide, appeler les voisins, la police ou les services d’aide…", souligne l'association Femmes en détresse.

PRENDRE CONSCIENCE

En période de confinement, il convient d’être particulièrement attentif aux signes d’escalade des tensions et aux conflits intrafamiliaux. "La prise de conscience est une première étape. Chacun de nous peut – surtout dans les conditions inhabituelles du moment – verser dans la violence envers son conjoint ou ses enfants", estime Laurence Bouquet. "Il faut prendre soin de soi, sortir pour se donner une respiration (sans entrer dans des contacts sociaux)."

C'est pour cela qu'elle invite les personnes qui sentent la pression monter, au sein de leur couple ou de leur famille, d'appeler avant qu’elles ne passent à l’acte et ne deviennent violentes.

"Souvent, dans les batailles avec les mots et les émotions, les hommes perdent leur sang froid et passent trop facilement aux attaques physiques", estime Francis Spautz, psychologue – responsable du service infoMann qui propose aux hommes "contraints et acculés" de leur venir en aide par téléphone.

La solidarité est très importante, encore plus dans une situation pareille. "Ne fermez pas les yeux et les oreilles si vous êtes témoin d’une scène de violence, si vous entendez des meubles tomber, des assiettes jetées, des cris, il faut  alerter la police sans pour autant vous mettre en danger", conclut Andrée Birnbaum.

LES NUMÉROS UTILES

L’adresse email en cas de violence domestique: organisation@fed.lu

VISAVI: Vivre sans violence : service d’information et de consultation pour femmes : permanence téléphonique de 9:00-17:00 heures au 49 08 77 1

Fraenhaus: refuge pour femmes victimes de violence domestique et leur/s enfant/s: 44 81 81

CFFM: Centre pour femmes, familles et familles monoparentales : permanence téléphonique de 9:00-12:00 heures au 49 00 51 1

SAVVD / PSYea: Service d’assistance aux victimes de violence domestique/Service psychologique pour enfants et adolescent(e)s: 26 48 18 62

Riicht Eraus: Une permanence téléphonique est assurée du lundi au vendredi de 9h00 à 12h00 et de 13h00 à 16h00 au 27 55 58 00. Ou par mail: riichteraus@croix-rouge.lu

L'aide au jeunes 12-21 ans Péitruss Haut reste également accessible au 26 48 03 20.

InfoMann: 27 49 65