Le député DP Gusty Graas a adressé trois questions parlementaires à propos des décharges à la ministre de l'Environnement.

L'une de ces questions porte sur une décharge illégale à Rédange en France, une autre, sur une "décharge fantôme" à Sanem, à laquelle le Lëtzebuerger Wort et le site reporter.lu avaient consacré des articles. Carole Dieschbourg a répondu à la question sur Sanem, dans l'hypothèse où la "décharge fantôme" est bien la décharge "Wawerbësch".

"Décharge fantôme" à Sanem

Il y a un mois, lors d'une visite des lieux, des agents de l'Administration de l'Environnement ont remarqué un écoulement d'eaux sortant de la décharge. Afin de pouvoir détecter et quantifier une pollution éventuelle, la ministre a invité ArcelorMittal à faire analyser les eaux sortant du corps de la décharge. Ce n'est qu'après obtention des résultats qu'il sera possible de qualifier leur impact environnemental, selon la ministre.

Les administrations communales de Differdange et de Sanem avaient fait part de leurs craintes quand il avait été question, en décembre 2017, d'une décharge pour déchets sidérurgiques et inertes. Le mois dernier, la société Cloos a annoncé qu'elle avait commencé les études d'impact. L'Administration de l'Environnement ne ne surveille pas actuellement la décharge, mais de nouvelles analyses ont été demandées. A l'oeil nu, les agents ont constaté que les eaux sont probablement très basiques, fortement salines et que leur concentration en arsenic et en fer est très élevée, ce qui indiquerait la présence de scories, qui impactent les eaux.

Décharge illégale à Rédange (F)

En ce qui concerne la décharge illégale à Rédange en France, l'Administration de l'Environnement n'a pas encore été informée par les autorités françaises sur ces déchets. Elle a toutefois connaissance depuis un certain temps de l'existence de dépôts sauvages de déchets de chantier dans la région frontalière. Afin d'y remédier, des contrôles conjoints sont prévus avec les autorités françaises. Un premier contrôle a eu lieu en janvier.

L'Administration de la Gestion de l'eau effectue des prélèvements d'eau de l'Alzette à hauteur de la "lentille rouge", afin de détecter une éventuelle pollution de la rivière. Il appartiendra aux autorités françaises de prendre une décision sur l'enlèvement des déchets.

Crassier de Differdange

"Il n'y a pas de décharge "crassier" à Differdange!": voilà ce que répond Carole Dieschbourg à Gusty Graas qui se référait à un article de reporter.lu dans sa question parlementaire. Le site dont il s'agit, est le site historique de l'usine sidérurgique Hadir/ARBED, qui s'étend sur les territoires des communes de Differdange et de Sanem. Le site est divisé en plusieurs parties. Pour la décharge historique d'ArcelorMittal, une évaluation de son impact sur l'environnement a débuté en 2017. La procédure d'autorisation ne pourra être lancée qu'une fois cette étude terminée. Il n'existe aucune autorisation pour le stockage temporaire de déchets sidérurgiques sur une partie du site, écrit la ministre. Le 21 janvier, l'exploitant a été invité à déposer avant le 21 juillet une demande d'autorisation en matière d'"établissements classés et déchets". Une réunion de concertation a eu lieu au ministère de l'Environnement, qui a abouti à la création d'un "Comité d'accompagnement multipartite", qui se réunira régulièrement, sous la coordination de l'Administration de l'Environnement.