Les historiens Jean Reitz et Nadine Geisler ont analysé pendant deux ans 6.500 des plus de 100.000 fiches issues des archives du SREL.

Le Service de renseignement de l'Etat luxembourgeois a archivé pendant des années des fiches sur des personnes qui avaient attiré son attention d'une manière ou d'une autre. Après l'affaire dite du SREL, qui avait révélé un certain nombre de dysfonctionnements, la Commission parlementaire d'enquête sur le SREL avait décidé de conserver ces fiches et de les faire étudier. Cela a été partiellement réalisé.

Il s'agissait de déterminer si, à l'époque, des personnes avaient été espionnées ou observées pour voir si elles constituaient une menace pour l'Etat luxembourgeois dans le contexte de la guerre froide.

Deux historiens ont été chargés de parcourir cette banque de données et de faire une sélection des documents historiquement déterminants, qui devraient être transmis aux Archives nationales. Les archives du SREL sont principalement constituées de fiches, comme l'explique le Docteur en histoire, Nadine Geisler:

„D'un côté, on a ces fiches qui sont attribuées à une personne, où figurent des informations sur cette personne, comme le nom, la date de naissance, le lieu d'où elle vient, son travail. Et sur ces fiches figure toujours un numéro, qui fait référence à une ou plusieurs microfiches. Et c'est sur ces microfiches que figurent au fond les documents. Et ces documents étaient très, très diversifiés. C'étaient des documents tout à fait banals, je trouve maintenant. Si une personne avait pris l'avion pour Moscou, c'étaient peut-être juste ses cartes d'embarquement. D'un autre côté, ça pouvait être aussi de tout autres documents. Les documents étaient vraiment très différents.“

Il est apparu qu'il y avait beaucoup plus de matériel, que ce qu'on avait pensé au début. C'est pourquoi il n'en est finalement pas sorti un travail scientifique. Cela a plutôt consisté à se faire un premier aperçu des archives du SREL, comme l'explique le Premier ministre, Xavier Bettel:

„Il s'agit maintenant de savoir comment nous allons poursuivre. Car, comme on l'a dit, une période a été faite, pour laquelle il a toujours été dit, ce sont 6-7.000 fiches. Nous sommes arrivés à une centaine de milliers de fiches. Les historiens disent qu'il est important que ce travail soit poursuivi à un moment ou un autre. Mais à présent il faut faire un tri. Les historiens ont pu faire leur travail, de sorte qu'ils ont aussi pu présenter un rapport - ce qui est très important - mais ils n'ont pas pu regarder tous les documents, parce qu'il y en avait tellement. Nous devons à présent voir avec la Chambre, s'il y a une demande, s'il y a un souhait pour poursuivre ce travail, si nous pouvons le faire avec l'Uni ou qui devrait le faire. Mais d'abord, il faut trier, je pense. Des années 60 à 2001, cela fait beaucoup d'années, où beaucoup de choses ont été collectées et il semble qu'il y ait encore une certaine pagaille à trier.“

La majorité des documents est en rapport avec le communisme, ont précisé les historiens. A l'époque étudiée, le communisme était clairement l'ennemi numéro un.