C'est l'histoire d'un rédacteur auprès de l'Etat, qui prend un congé sans solde en 2001, pour devenir directeur salarié de la Coque...

L'ex-directeur de la Coque s'est-il fait financer une pension complémentaire de 44.000 euros, bien qu'il n'y eût pas droit? C'est en tout cas l'avis de la Cour des Comptes dans son rapport sur les établissements publics. A l'arrière-plan de cette affaire, il y a le passage de la personne concernée du statut de fonctionnaire de l'Etat à celui de salarié et puis l'inverse.
C'est l'histoire d'un rédacteur auprès de l'Etat, qui prend un congé sans solde en 2001, pour devenir directeur salarié de la Coque. Salarié, parce qu'ainsi il gagne plus qu'en étant fonctionnaire. Après que la durée maximale de son congé sans solde ait été atteinte, il a décidé de revenir dans la carrière de fonctionnaire de l'Etat. Toutefois, afin qu'il ne subisse pas de pertes financières, le conseil d'administration de la Coque a décidé de lui payer la différence à titre de, je cite, "complément différentiel". Une décision qui a été approuvée par le ministre compétent à l'époque.

En 2013, la Commission de contrôle du Budget avait aussi considéré ce supplément comme fondé. Un salaire conséquent était, selon elle, justifié quand on assumait une charge avec autant de responsabilités que celle de directeur de la Coque.

Quand le directeur en question a pris sa retraite, il est apparu que les cotisations pour la Caisse de retraite avaient été calculées sur son salaire de rédacteur et pas sur ce qu'il avait en fait globalement gagné. Pour compenser l'écart, il a été décidé de lui payer l'équivalent de ce que l'employeur aurait dû verser à la Caisse de retraite, s'il s'était agi de tout son salaire. Il devait alors pouvoir utiliser cet argent pour sa pension complémentaire.

Et c'est précisément ce qui ne convient pas à la Cour des Comptes. La Coque argumente en revanche que cette pension plus élevée était seulement la conséquence de cette décision de 2009 d'accorder un complément de salaire au concerné. Une décision qui avait été approuvée par le ministre de l'époque.

Et comme la Coque ne pouvait pas verser de cotisations à la Caisse de retraite pour ce salaire complémentaire, il était resté comme seule possibilité de verser directement ces 44.000 euros au concerné, afin qu'il puisse les transférer vers sa pension complémentaire.

Aucune décision n'a encore été prise dans cette affaire, mais les députés de la Commission de contrôle du Budget étaient a priori d'avis qu'on ne peut pas aller picorer le meilleur de chacun des deux systèmes.