Deux décisions ont été validées en conseil de gouvernement: les mineurs ne pourront plus acheter d'alcool fort, une hausse des accises n'est cependant pas prévue.

En matière de consommation d'alcool, le Luxembourg se positionne bien au-dessus de la moyenne européenne. En cela, ce vendredi pourrait être déterminant dans la lutte contre la consommation d'alcool excessive: un plan d'action national est à l'étude et plusieurs mesures ont d'ores et déjà été retenues par le conseil de gouvernement.

Ce plan est pourtant loin d'être nouveau: il est en préparation depuis une dizaine d'années. Finalement bouclé en 2018, il serait resté dans les tiroirs des députés lors des dernières élections.

L'ébauche envoyée aux différentes instances se base sur six axes concrets allant de la prévention jusqu'au traitement des personnes atteintes d'alcoolisme. Les différentes mesures seront élaborées dans le cadre de plusieurs groupes de travail avant d'être concrétisées sur le plan national.

Le ministre de la Santé Étienne Schneider a toutefois confirmé à RTL que certains points importants ont été retenus au conseil de gouvernement, dont le relèvement de 16 à 18 ans de l'âge minimum requis pour acheter de l'alcool fort. Il est également envisagé de faire passer le taux d'alcoolémie accepté pour les jeunes conducteurs à zéro, contre 0,2 pour l'instant. Cette dernière mesure doit encore faire l'objet d'une étude en commission. 

D'importants efforts devraient également être faits concernant la prévention et les soins offerts aux personnes souffrant d'alcoolisme. En revanche, une hausse des accises n'est pour l'instant pas prévue. Le ministre estime qu'une hausse des prix n'aurait pas ou peu d'impact dans un pays riche comme le Luxembourg, à moins d'appliquer une forte augmentation.

UN VRAI PROBLÈME D'ALCOOL AU LUXEMBOURG

Le psychiatre luxembourgeois Paul Hentgen, qui a participé à l'élaboration des différentes mesures, explique que trois axes sont utilisés pour agir contre une trop forte consommation d'alcool.

La publicité et le marketing sont davantage contrôlés, la sensibilisation est augmentée et l'accessibilité est limitée. Tous les endroits susceptibles de vendre de l'alcool sont impactés.

Pour rappel, les dernières statistiques établies par la commission européenne montrent que plus d'un adulte sur trois a connu des épisodes de consommation d’alcool excessive (au moins six boissons alcoolisées lors d'une même soirée). Ce pourcentage compte parmi les plus élevés de l’UE: le Luxembourg se classe en troisième position, derrière le Danemark et la Roumanie.

Datant de 2014, l’étude EHIS concernant la consommation de tabac et d’alcool au Luxembourg affirmait déjà que la fréquence de la consommation hebdomadaire était plus élevée chez les résidents luxembourgeois (40,6%) qu’en moyenne dans l’UE (29,6%).