Isabel dos Santos, la fille de l'ex-président angolais, a été formellement inculpée d'une série de délits, notamment de détournement de fonds et de blanchiment d'argent.

Isabel dos Santos, qui ne vit plus en Angola, se dit victime d'une vendetta et assure que sa réussite n'a rien à voir avec le fait que son père était président.

Mais comme l'a rapporté le consortium international de journalistes d'investigation (ICIJ), elle en aurait profité à grande échelle. Ses sociétés auraient obtenu tout ce qu’elle voulait : contrats publics, exonérations fiscales, licences en matière de télécommunications et autorisations pour creuser des mines. Le meilleur deal aurait été le paiement de millions de dollars à une société appartenant à son partenaire à Dubaï, par la compagnie pétrolière nationale, qu’elle a un temps présidée.

DES RAMIFICATIONS AU LUXEMBOURG

Selon les révélations du consortium ICIJ publiées dimanche, c'est tout un réseau d'avocats, de banquiers et de consultants, qui aurait aidé Isabel dos Santos à dissimuler à l'étranger sa fortune, évaluée à deux milliards de dollars. Elle aurait été assistée par des sociétés comme Boston Consulting Group, McKinsey and Company ou encore PwC. La nébuleuse de sociétés d'Isabel dos Santos et de son mari, un bijoutier, aurait des ramifications des Etats-Unis à Hong Kong en passant par Malte et le Luxembourg.

Cette nébuleuse compte notamment une holding au Luxembourg: "Grisogono Holding S.A“, qui est toujours active. Selon le registre de commerce, la holding est domiciliée au 15-17 avenue Guillaume. Aucun bénéficiaire effectif n’est mentionné. De Grisogono est une marque de luxe suisse spécialisée dans la bijouterie et l’horlogerie.

À Lisbonne, où le procureur général d'Angola Helder Pitta Gros s'est rendu jeudi pour rencontrer son homologue portugais, la police a annoncé la mort vraisemblablement par "suicide" d'un banquier portugais, dont le nom apparait dans les "Luanda Leaks" et qui travaillait pour la banque Eurobic dont Isabel dos Santos est l'actionnaire principale.

COMMENT LA JUGER?

Selon le parquet, la justice a indentifé dans cette affaire cinq suspects, dont Isabel dos Santos, qui vivent à l'étranger. "Pour le moment, le problème c'est de leur notifier leur mise en accusation et d'obtenir leur retour volontaire en Angola", a assuré le procureur Gros.

"Isabel dos Santos n'a pour le moment jamais manifesté la volonté de collaborer avec les autorités angolaises", a souligné le procureur.

L‘Angola est une ancienne colonie portugaise au sud-ouest de l’Afrique. Le pays, qui a acquis son indépendance en 1975, dispose d'importantes réserves de pétrole et de diamants, mais le pays est frappé par la corruption et la pauvreté.