ArcelorMittal doit déposer un dossier commodo complet d'ici juillet, a précisé la ministre devant la Commission de l'Environnement.

"C'est un site complexe et un dossier complexe": sur ce point, tous les députés de la Commission parlementaire de l'Environnement, étaient d'accord mercredi, après avoir entendu les informations fournies par la ministre Carole Dieschbourg sur le crassier de Differdange. Arcelor Mittal doit déposer un dossier commodo complet, c'est-à-dire un dossier de demande d’autorisation d’exploitation d’un établissement classé.

La question de savoir si Arcelor s'en était mieux tiré jusqu'à présent que d'autres entreprises, a aussi agité la Commission.

La députée CSV Martine Hansen pense que l'on est plus accommodant avec le groupe métallurgique: "Car si des choses, qui ne sont pas autorisées, étaient déposées quelque part sur un terrain privé ou peut-être près d'une petite entreprise, je pense qu'on agirait plus vite."

Pendant des décennies, ArcelorMittal s'est autorisée des choses, critique le député des Lénk, David Wagener: "Parce qu'il s'agit aussi du fait qu'Arcelor ne considère pas nécessairement cela comme une décharge, mais comme une installation interne à la production. C'est son interprétation de la loi."

Selon le député DP Gusty Graas, on ne peut pas contester que la pression ait été moins forte sur Arcelor dans les années 60 et 70: "Mais il faut quand même dire: nous vivons dans une autre époque, il faut peut-être adopter d'autres attitudes et pour y parvenir, il faut renforcer les contrôles, indépendamment du nom de l'entreprise."

Une fois que toutes les données auront été réunies, le ministère verra si une base légale peut être donnée, a précisé la ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg. Et là, Arcelor sera traitée de la même manière que toutes les autres entreprises: "Ils doivent nous fournir les données nécessaires, afin que nous puissions prendre une décision. Si nous disposons de toutes les données et que cela correspond à notre cadre légal, alors ils obtiendront une autorisation, sinon, ce sera non. C'est ainsi au Luxembourg, toutes les entreprises sont traitées sur le même pied."

Dans ce cas, c'est le principe du "pollueur-payeur" qui vaudra: celui qui a pollué, devra payer les études et tout ce qui en découlera, a souligné la ministre.