Une étude du Statec publiée lundi démontre que la hausse du niveau de vie ne permet pas d'améliorer durablement le sentiment de bien-être des Luxembourgeois.

Non, l'argent ne fait pas le bonheur. Une étude du Statec sur la croissance économique et le sentiment de bien-être chez les résidents du Luxembourg démontre qu'on peut être de plus en plus riche sans être plus heureux qu'auparavant. C'est le "paradoxe d'Easterlin".

Concrètement, à long terme, il n'y a pas de lien entre la croissance économique et une amélioration du bien-être. Ainsi, l'étude du Statec note que la croissance quasi-ininterrompue du Luxembourg depuis les années 80, et donc la hausse des revenus des résidents, n'a que peu modifié leur niveau de satisfaction.

Les chercheurs mettent en avant plusieurs facteurs liés directement à la croissance économique qui peuvent faire augmenter le niveau de bien-être: dépenses sociales de l'État, capital social (les liens qui nous lient à nos proches), faible taux de chômage et faible inégalité des revenus. Ils assurent également que d'autres facteurs ont davantage d'effets, comme la confiance accordée aux autres, qui est "presque deux fois plus important que celui de la croissance économique".

Plutôt que de parler de croissance ou de décroissance économique, le Statec propose que les décideurs politiques du Luxembourg accordent plus d'intérêt aux mesures développant un bien-être "durable". Ils mentionnent notamment la réorganisation des villes avec la création d'espaces verts, la mise à disposition de transports publics performants, la valorisation de la marche à pied et du vélo ainsi que la réduction de la dépendance aux moyens de transport privés. "De telles initiatives offrent aux gens de plus grandes possibilités de développer des relations sociales et de tisser des réseaux, qui à leur tour contribuent au bien-être."

Des remarques que les députés seraient bien avisés de prendre en compte puisqu'ils aborderont justement la question du "PIB du bien-être" ce mardi.