Mardi a débuté devant le Tribunal de Diekirch le procès d'un homme de 24 ans poursuivi pour homicide.

En juillet 2018, à Remich, il avait poignardé à mort sa compagne de 22 ans après l'avoir battue.

L'accusé s'était ensuite poignardé lui-même au niveau des poumons. Il avait dû être opéré en urgence parce que sa vie était en danger. Quelques jours plus tard, il avait été transféré de l'hôpital au centre pénitentiaire.

Les faits s'étaient déroulés en fin d'après-midi dans la cuisine de l'appartement du couple. La victime, qui en était à sa sixième ou septième semaine de grossesse, était décédée d'une hémorragie, a expliqué mardi un agent de la Police judiciaire. La jeune femme avait succombé sur les lieux et l'accusé avait été héliporté vers l'hôpital.

Peu avant, le jeune homme avait téléphoné à sa mère et dit que tout était en ordre, mais il avait ajouté: „Nous y allons maintenant!" Des adieux? Quelques jours plus tard, l'homme avait été entendu à deux reprises alors qu'il était en soins intensifs. Lors de la deuxième audition, après qu'il eût été informé que sa compagne était enceinte, il avait retiré sa première version, selon laquelle la victime l'avait agressé et qu'il s'était défendu.

La bonne version était que la jeune femme voulait mettre un terme à leur histoire, que cela l'avait mis en colère, qu'il avait pris un couteau, qu'il l'avait poignardée et qu'il s'était blessé lui-même. Cela faisait quatre ans que le couple était ensemble et deux mois qu'ils étaient fiancés, bien que la mère de la victime n'ait pas été très d'accord avec l'accusé, qu'elle trouvait jaloux et possessif. Un autre agent de la Police judiciaire a parlé de grandes entailles dans la poitrine, dont trois étaient mortelles. Les blessures correspondaient à celles d'un couteau.

En début de séance, un neurologue avait expliqué que l'accusé souffrait d'épilepsie depuis sa treizième année au moins. Son état s'était nettement amélioré depuis 2017, grâce à un nouveau médicament. Il avait eu moins de crises ensuite. A propos du déroulement des faits, le prévenu a raconté qu'il avait placé de grands espoirs dans sa relation avec la jeune femme, mais cette dernière voulait le quitter. Il était devenu agressif parce qu'il n'obtenait pas d'explication. Il est possible qu'il ait grillé un fusible. En tout cas, il n'y a aucune preuve qu'il ait eu une crise d'épilepsie au moment des faits.

Le procès se poursuivra mercredi après-midi. Six séances sont prévues.