À la place Dargent, au nord de la capitale, quatre maisons anciennes vont être démolies pour faire place à un complexe de 31 appartements avec des commerces au rez-de-chaussée.

Le permis de démolition a été accordé il y a déjà quelques temps, mais l'attention de membres du parti "déi Lénk" vient d'être attirée sur cet ensemble de maisons, qui mériteraient d'être conservées, selon eux.

Les quatre maisons situées au bout de la rue de Mühlenbach, dans le quartier d'Eich, vont être démolies. Comme on peut le voir sur une ancienne carte postale, elles sont restées quasiment inchangées depuis plus d'un siècle. Cela les rendrait digne d'être conservées, estiment des représentants des Lénk, qui ont été alertés par un habitant du quartier.

Guy Foetz, déi Lénk: "Nous voyons en fait que c'est digne d'être conservé en tant qu'ensemble. Pour les générations futures, pour qu'ils voient aussi comment c'était construit à l'époque. Et ce sont de très belles maisons, si elles étaient rénovées, ce serait un joli ensemble."

Un ensemble qui n'a cependant pas été classé ni repris à l'inventaire par l'administration des Sites et Monuments. À présent, les châssis des fenêtres des maisons ont déjà été abîmés. Un cas de vandalisme culturel pour déi Lénk: "C'est vraisemblablement pour créer un fait accompli, pour décourager les gens d'encore entreprendre quelque-chose. Cela a aussi été le cas dans la rue Jean L’Aveugle au Limpertsberg."

L'année passée, la Ville de Luxembourg avait accordé un permis de démolition pour quatre maisons anciennes au Limpertsberg. Après la levée de boucliers d'une initiative locale ("d’Lampertsbierger Geschichtsfrënn"), le ministère de la Culture était intervenu. Les travaux sont interrompus depuis. Les bâtiments ont été proposés au classement par l'administration des Sites et Monuments.

L'affaire est devant la justice. Un précédent ne plaît guère à la bourgmestre de Luxembourg, Lydie Polfer: "Cela amène une très grande insécurité. Car la sécurité réside dans le classement qui vient du PAG."

Et dans le PAG de 2017, c'est le permis de démolition des quatre maisons de la rue de Mühlenbach, qui a été retenu, poursuit-elle. Quand le PAG a été élaboré, la mairie a conservé plus de 8.000 maisons et bâtiments. Les quatre maisons d'Eich n'ont pas été considérée dignes d'être protégées dans le PAG de 2017, comme elles ne l'avaient pas été non plus dans le précédent plan Joly.

"Ce n'est pas le moment de revoir cela. Le PAG a été adopté définitivement en octobre 2017, après avoir travaillé quatre ans dessus avec les gens dans tous les quartiers. Et comme on l'a dit, il n'y a pas eu ici aucune réclamation, pas même des Sites et Monuments."

Le parti déi Lénk réclame un inventaire de toutes les maisons dignes d'être conservées dans la capitale. Pour la bourgmestre, c'est déjà inclus dans le PAG.

Il faudrait aussi indemniser les propriétaires qui ne cèdent pas leur maison aux promoteurs, selon Guy Foetz. "Ces promoteurs mettent beaucoup d'argent sur la table. S'il y a des gens qui sont ne sont pas d'accord pour laisser raser leur maison et qui ne veulent pas la vendre à un promoteur, il faudrait se poser la question d'une indemnisation." 

Depuis quelques mois, la pharmacie de la Place Dargent est vide aussi. L'édifice va être réaménagé et agrandi. Il est classé par l'administration des Sites et Monuments depuis novembre, mais le classement doit encore être acté par le conseil de gouvernement. Ce qui n'est généralement qu'une formalité.