La médaille d’or du marathon olympique aux J.O de Paris en 1900 a été remportée par le Luxembourgeois Michel Théato, mais il restera pourtant dans l'histoire comme le premier champion olympique de l'athlétisme français.

Le palmarès des deuxièmes Jeux olympiques modernes est plein de surprises et de curiosités. Ces jeux, sans aucun doute les plus saugrenus de l’histoire, se sont déroulés de mai à octobre 1900 avec des épreuves aussi improbables que le tir aux pigeons, la pêche à la ligne ou le croquet.

19 athlètes se sont alignés sur l’épreuve du marathon qui se dispute à l’époque sur 40,26 kilomètres. Une course disputée sous une forte chaleur (39 °C) et dans une belle pagaille, car les activités quotidiennes de la population n’ont pas été interrompues. À certains endroits, les athlètes doivent trouver leur chemin parmi les automobiles, les tramways, les carrioles et même les troupeaux de moutons et de vaches conduits vers les abattoirs de la Villette.

L’un des favoris, le Suédois Ernst Fast, est mal aiguillé par un policier à la porte de Passy alors qu'il est en tête et prend du retard. Le Français Georges Touquet-Daunis s'arrête dans un café après 12 kilomètres et annonce après quelques bières qu'il ne repartira pas à cause de la chaleur. Seuls sept concurrents terminent la course remportée par le Luxembourgeois Michel Théato, devant le Français Émile Champion et Ernst Fast.

Les Britanniques et les Américains, vexés par leurs mauvais résultats, accusent Théato d'avoir pris des raccourcis et d'avoir été escorté. La preuve n'en sera jamais apportée. Autre polémique, l’homme n’est pas Français mais Luxembourgeois. Le marathonien était alors licencié dans un club français et résidait à Saint-Mandé en banlieue parisienne. Michel Théato est bien né le 22 mars 1878 rue Louvigny à Luxembourg. Il faut préciser qu'à cette époque il n'existait pas d'équipes nationales et chaque concurrent s'inscrivait individuellement.

Départ du marathon des JO de Paris 1900. / © Collection Jules Beau 1900

LE LUXEMBOURG PRIVÉ DE SA MÉDAILLE

En 1990 le statisticien de l'athlétisme, Alain Bouillé, révèle que Théato n'était pas encore Français au moment des Jeux. Arrivé en France à l'âge de 12 ans, il aurait dû effectuer son service militaire pendant ces Jeux s'il avait obtenu sa naturalisation avant 1900.

Le Grand-Duché portera alors une réclamation auprès du C.I.O, le Comité international olympique, pour tenter de récupérer ce titre. En vain. En 2004, cette réclamation sera définitivement rejetée, et le palmarès ne sera jamais rectifié.