Le développement du système de vidéosurveillance de la capitale a coûté plus d'un million d'euros l'année dernière.

Un investissement pour la sécurité: c'est en tout cas l'argument qui soutient la présence de plus d'une centaine de caméras autour de la gare, du Kirchberg et du stade national. La sécurité a-t-elle réellement été renforcée dans la capitale pour autant ?

Les caméras de surveillance font désormais partie de notre quotidien. On les retrouve partout: le long des routes, autour de bâtiments, dans les stations services, dans les bus ou les trams. Il y en a tellement qu'on en oublie leur présence qui augmente d'année en année.

Certaines d'entre elles sont reliées au système Visupol de la police qui peut utiliser les images dans le cadre d'enquêtes qui leur ont été confiées mais également via un flux en direct là où la présence policière n'est pas assez renforcée.

Un déplacement de la criminalité

C'est la critique la plus courante lorsque l'on parle des caméras de Visupol: les criminels se déplacent là où il n'y a pas (encore) de vidéosurveillance. Ce qui implique à nouveau l'installation de caméras supplémentaires, et ainsi de suite, on tombe dans un cercle vicieux. Raison pour laquelle d'ailleurs l'ancien ministre de la Police Étienne Schneider avait agrandi le système Visupol afin de dépasser le nombre de 100 caméras actives en octobre 2019.

Le système ne pourrait actuellement pas être étendu selon l'actuel ministre compétent en la matière François Bausch. Des efforts sont fournis afin de renforcer la présence policière sur le terrain, une manière beaucoup plus efficace de lutter contre la criminalité.

Ce qui ne veut pas dire que plus aucune caméra ne sera installée au Luxembourg. Visupol est juste un des systèmes mis en place dans la capitale. Toute entreprise ou entité publique peut également s'équiper de caméras de surveillance tout en respectant une règle importante: seul le mur extérieur peut être surveillé sans trop déborder sur la voie publique.
Ces installations doivent d'ailleurs être validées par la Commission de la Protection des données avant d'être mises en service. Le traitement des images est ainsi fixé suivant le cadre de l'utilisation pour laquelle une validation est requise.

Les caméras ont aidé les autorités à résoudre 146 affaires

L'année dernière, les images récoltées par les différentes caméras présentes sur le territoire de la capitale ont contribué à l'aboutissement de 146 enquêtes.

Une aide précieuse qui pourrait encore être étendue à d'autres volets judiciaires. Selon Sven Clement des Pirates, il ne faut surtout pas oublier la vie privée des citoyens car les caméras ne filment pas que les auteurs de crimes ou d'infractions.

Une sécurité renforcée grâce aux caméras ?

Le but d'une surveillance vidéo permanente est sensée augmenter le sentiment de sécurité auprès de la population. Un sentiment qui a effectivement existé pendant de nombreuses années mais qui n'a jamais réellement été vérifié.

La ville de Londres est sous surveillance vidéo à 98% et pourtant, les statistiques ne sont pas meilleures qu'avant l'installation de ces caméras. Les statistiques ont même démontré que la situation s'est aggravée, malgré les images mises à disposition des enquêteurs.

Une question subsiste quant à la sécurité que les caméras apportent à notre société. Pour le Luxembourg, aucun commentaire ne peut être fait pour le moment, faute d'enquête précise ou de chiffres concrets sur le sujet.