Une étude publiée par une ONG environnementale estime que la pollution émise par environ 200 bateaux de croisière de luxe peut égaler les rejets de pays entiers, dont le Grand-Duché.

En 2017, les croisières de luxe et leurs passagers ont causé une pollution si importante qu'elle était parfois supérieure à celle de petits pays.

Dans un rapport publié en juin, l'ONG Transport & Environment a évalué que les rejets en gaz à effet de serre de 203 paquebots de luxe parcourant l'Europe avaient atteint environ 10 millions de tonnes de CO2. C'est autant que les rejets du Luxembourg. Leurs émissions sont également équivalentes à celles de la Lituanie ou de Chypre et même deux fois plus grandes que celles de Malte.

Toujours d'après ce rapport, et en considérant que tous les bateaux étudiés respectent les derniers standards environnementaux, ces mêmes navires ont rejeté cette année-là 20 fois plus d'oxyde de soufre que les 260 millions de véhicules circulant sur le Vieux Continent.

Ces bateaux ont majoritairement navigué en Méditerranée, en mer Adriatique, sur la façade Atlantique et en mer du Nord. Ce sont donc les pays les plus proches (Espagne, Italie, France mais aussi Norvège) qui ont été les plus exposés à cette pollution.

Carte des trajets des bateaux de luxe en Europe en 2017. / © ONG Transport & Environment

Si des progrès sont faits, ils sont lents. "Seule une petite proportion de la flotte devient plus propre, tandis que l'industrie globalement continue de recourir au fuel lourd et n'utilise toujours pas d'épurateurs" des gaz d'échappement, note l'ONG allemande Nabu dans son classement 2019 des navires de croisière

Au 1er janvier 2020, la teneur en soufre des carburants marins sera limitée à 0,5%, sauf pour les navires dotés d'épurateurs, contre 3,5% actuellement, selon une nouvelle réglementation de l'Organisation maritime internationale (OMI). Dans certaines zones comme la mer du Nord ou la mer Baltique, la teneur maximale autorisée est déjà de 0,1%.

Les épurateurs ("scrubbers") sont eux-mêmes contestés car, dans le secteur maritime en général, la plupart des armateurs s'en équipant optent pour un circuit ouvert, avec rejet des polluants en mer, plutôt qu'un système fermé, où le soufre filtré est stocké à bord des bateaux.

Plusieurs pays, notamment en Europe et en Asie, ont interdit la première catégorie dans leurs eaux et leurs ports, ou s'apprêtent à le faire.