Lundi après-midi, la pétition 1188 qui demande une baisse des impôts pour les célibataires a été débattue à la Chambre des députés.

Après avoir récolté 6.800 signatures, la pétition publique réclamant une réduction d’impôts pour les célibataires a enfin été débattue à la Chambre lundi après-midi.

Un moment très attendu par les signataires de ce texte, qui met en avant les inégalités entre les classes d’impôts au Luxembourg et qui demande à ce que le système soit rééquilibré en faveur des célibataires. Ce que l'auteur de la pétition a notamment défendu devant les députés, argumentant notamment sur le fait de ne plus léser les célibataires soumis à d'importantes charges mais davantage imposés que les couples.

Le ministre des Finances Pierre Gramegna a d'abord rappelé que la taxation inférieure des couples était largement répandue dans les pays développés mais était largement plus avantageuse au Luxembourg. "La pression fiscale sur les salaires au Luxembourg est relativement basse aujourd'hui par rapport aux pays voisins et à la moyenne de l'OCDE." 

Il a toutefois pris le temps d'en expliquer la principale limite: c'est la situation familiale qui conditionne l'imposition. Ainsi, un célibataire va être gagnant en se pacsant ou se mariant ("personne ne s'en plaint" confirme le ministre), alors qu'un divorce entraînera un changement négatif.

UN BARÈME "NEUTRE ET UNIQUE"

Le ministre a reconnu l'importance de cette réforme de l'imposition, qui repose principalement sur les trois classes d'impôt actuelles. À terme, "il n'y aura plus de classe d'impôt mais un barème unique nouveau. Il ne ressemblera à rien de ce que nous connaissons aujourd'hui, notamment nos trois classes d'impôt. Ce sera un modèle nouveau" a assuré Pierre Gramegna. "Nous voulons arriver à une situation où le barème est neutre par rapport à la situation familiale de la personne. Qu'elle soit mariée, divorcée, pacsée, en union libre ou célibataire... Je pense que c'est absolument nécessaire."

Pour le gouvernement, il s'agit d'un chantier "difficile", tant il faut repenser le modèle actuel. "J'aimerais néanmoins vous dire que votre situation [de célibataire, ndlr] est trop pénalisante. Le nouveau barème aura pour but de ne plus pénaliser personne puisqu'il sera totalement neutre par rapport à la situation familiale." Ainsi, seul le revenu de la personne comptera dans l'imposition et replacera les célibataires et les personnes mariées avec ou sans enfants sur le même plan.

Si la réforme figure "en bonne place dans le programme gouvernemental", le ministre des Finances ne peut pas encore en donner les contours ou une date d'application, le gouvernement ayant encore des échanges à avoir avec les partenaires sociaux et partis politiques.