L'un passe pour un dieu romain, l'autre est un authentique monarque. Emmanuel Macron, dit "Jupiter", et le Grand-Duc Henri sont deux chefs d'État voisins mais qui incarnent deux régimes différents, présidentiel d'un côté, monarchique de l'autre. Et si les résidents pouvaient choisir, que feraient-ils? La réponse en vidéo...

Les sociétés luxembourgeoise et française vivent côte à côte mais avec deux régimes différents. Côté français, les pouvoirs du Président sont bien plus étendus que ceux d'un Grand-Duc, même si la Constitution accorde à ce dernier, en théorie, des prérogatives assez larges comme celles de participer au pouvoir législatif ou d'exercer le pouvoir exécutif.

Le besoin de transparence grandissant dans l’opinion, les coûts de fonctionnement du Palais pour le Grand-Duché et de l’Élysée pour la France sont désormais décortiqués par les journalistes et observateurs de la politique.

LA FIN DU SECRET DÉPENSE

Au Luxembourg, le Président de la Commission des institutions et de la révision constitutionnelle, Alex Bodry (LSAP), déplorait récemment le manque de contrôle, par la Cour des comptes, de l’enveloppe accordée à la famille grand-ducale, soit 11,1 millions d’euros en 2019. Une dotation qui baissera de 500.000 euros en 2020, conséquence de la mort du Grand-Duc Jean.

D'après le rapport du scientifique belge Herman Matthijs, établi en 2013, la monarchie luxembourgeoise est la plus coûteuse par habitant – environ 18 euros par an aujourd'hui  –, des sept monarchies que compte l'Union européenne (pour l’heure le Royaume-Uni en fait toujours partie). Pour comparaison, la reine Élisabeth II et sa famille coûtent 1,39 euro à chaque citoyen britannique. De plus, la couronne britannique génère 535 millions de livres sterling de revenus qui alimentent les caisses de l’État.

150 ans après la fin de l'ère des rois et empereurs, la République française est-elle plus transparente pour autant? Pas évident si l’on en croit René Dosière, ancien député socialiste de l’Aisne, auteur du livre Frais de Palais paru aux Éditions de l’Observatoire. Certes, on sait désormais que le coût de l’Élysée est de 110 millions par an, soit environ deux euros par habitant et par an. Mais on apprend dans cet ouvrage que chaque Président s’est distingué par des dépenses parfois difficiles à justifier, qui nous ramèneraient presque au temps des rois.

UN SOMMET À 58.000 LA MINUTE

Par exemple, feu Jacques Chirac avait un budget fleurs d’environ 500.000 euros par an. Son successeur, Nicolas Sarkozy, dépensait 40.000 euros par semaine pour des sondages, soit 10 millions sur la durée du mandat. Ce même Président a organisé le 13 juillet 2008 le Sommet de l’Union pour la Méditerranée au Grand Palais à Paris. Budget de l’événement: 16,6 millions, soit 58.000 euros la minute! Lors du dîner officiel qui a rassemblé 200 convives, le prix de revient du repas s’élevait à 5.362 euros par invité.

Si François Hollande est le seul à être parvenu à faire baisser le budget présidentiel, moins 8,1% pendant son quinquennat, quelques dépenses laissent pantois, comme le salaire de près de 10.000 euros mensuels pour son coiffeur.

Ce budget présidentiel est reparti à la hausse sous Emmanuel Macron, résultat d'une "activité accrue de la présidence", selon la Cour des comptes. Mais d'après René Dosière, ce budget est incomplet car certaines dépenses sont externalisées – quatre à cinq millions d’euros annuels  –, supportées par divers ministères. C’était d'ailleurs le cas d’un nouveau service de vaisselle, commandé en 2018, dont la facture avait été prise en charge par le ministère de la Culture. Le Canard enchaîné avait évoqué une somme de 500.000 euros, tandis que l’Élysée avait communiqué 50.000 euros.

En revanche le coût du secrétariat de la première dame, Brigitte Macron, est bien à la charge de l’Élysée et s’élève 279.144 euros annuels.

Que l’on évolue dans un régime présidentiel ou dans un régime monarchique, l’exigence de transparence croît dans l’opinion, qui acceptera de moins en moins facilement que ses dirigeants lui coûtent "un pognon de dingue".