C'est lorsqu'il a porté son ordinateur en réparation qu'il est apparu qu'un homme détenait du matériel à caractère pédopornographique. Son procès a débuté aujourd'hui.

C'est surprenant de donner à réparer un ordinateur avec autant de photos!“ Voilà ce qu'a dit à l'accusé le président du Tribunal de Luxembourg dans une affaire de détention de matériel pédopornographique. Et effectivement: 135.000 photos et 875 films sur deux ordinateurs et un disque dur, cela représente une quantité encore jamais vue, selon la représentante du Parquet.

Problème de ventilation sur son ordinateur

L'accusé est un homme de 33 ans. Son affaire avait éclaté en février 2017, mais les faits remontent à février 2012. C'est finalement un problème de ventilation sur son ordinateur qui l'a mené devant la justice.

Il n'avait pas réfléchi quand il avait donné l'ordinateur à réparer et n'avait pas pensé que ces images étaient passibles de sanction, a expliqué le prévenu. „Rien que le fait de vouloir devenir professeur, aurait dû vous interpeller!“, a fait remarquer le juge. C'était de toute façon terminé, a répondu l'homme qui travaille dans l'enseignement pour adultes. Il était déjà en traitement avant son interpellation et il l'est toujours depuis, a dit le prévenu, pour qui ces choses sont désormais derrière lui. Il aurait compris que cela ne va pas de regarder de telles images.

L'accusé a reconnu les faits

La police judiciaire a été chargée de l'affaire en février 2017, après un signalement du directeur de la société à laquelle l'accusé s'était adressé pour faire réparer son ordinateur portable. C'étaient surtout des photos de filles âgées de 4 à 17 ans qui y avaient été découvertes. Une perquisition avait alors eu lieu à son domicile. Quand il était rentré, il avait immédiatement dit aux policiers qu'il savait pourquoi ils étaient là. Il avait reconnu les faits et des perquisitions menées dans deux lycées où il enseignait à l'époque, n'avaient rien donné, a expliqué un policier.

Tendances pédophiles

Selon un deuxième policier, tout n'avait pas pu être analysé parce qu'il y avait trop de matériel. L'accusé aurait eu un intérêt considérable pour la pédopornographie. D'après un psychiatre, l'homme pouvait présenter des tendances pédophiles et devait continuer à être suivi. Il ne devait plus enseigner à des enfants.

Maître Tom Luciani, l'avocat de l'accusé, a demandé une suspension du prononcé, c'est-à-dire qu'il serait retenu que l'accusé a commis une faute, mais qu'une peine ne serait pas prononcée. La représentante du Parquet n'était pas du même avis. A cause de l'"énorme quantité d'images" une peine d'emprisonnement d'un an avec sursis probatoire devait être prononcée, avec en plus la contrainte judiciaire de continuer de se faire traiter. Elle a en outre requis une amende et l'interdiction de tout contact avec des mineurs.

Le verdict est attendu le 5 décembre.