La Chambre des députés a été ce mardi le théâtre d'un débat public qui faisait suite à la pétition sur la disponibilité de l'eau du robinet dans les restaurants.

La pétition de l’asbl Refill Lëtzebuerg ayant atteint 5.114 signatures exactement, un débat public devait être organisé pour présenter les points de vue de chacun et c'est mardi après-midi qu'il a eu lieu.

Après le débat public, une chose est claire: pas de loi pour l'instant. A la Chambre, la conclusion était que les politiques devaient dans un premier temps miser sur la sensibilisation et prendre le pouls des professionnels du secteur avec une campagne. Il faudra ensuite tirer le bilan.

Pour le pétitionnaire David Kieffer de l'association ''Refill Lëtzebuerg'', il était important d'affirmer qu'il n'exigeait pas de l'eau du robinet "gratuite". L'aspect écologique était prioritaire. Une loi pourrait être comprise comme un sigle du gouvernement pour la qualité de l'eau potable luxembourgeoise.

Les députés étaient en majorité favorables à l'idée de promouvoir l'eau du robinet, qui est exceptionnellement propre au Luxembourg. Le gouvernement, représenté par la ministre de la Protection des consommateurs, Paulette Lenert, et le ministre des Classes moyennes, Lex Delles, souhaite lancer une campagne de sensibilisation, mais n'est pas favorable dans un premier temps à un cadre légal.

David Kieffer s'est montré déçu que rien de concret ne soit finalement sorti du débat. Il n'a même pas été invité à collaborer activement à cette campagne.

Dans son argumentaire, le signataire de la pétition, David Kieffer avançait des arguments écologiques "l'eau potable de qualité est disponible au robinet, mais des tonnes de bouteilles en verre et en plastique sont transportées à travers le pays (et l'Europe)."

"On espère une loi qui assure la disponibilité de l'eau du robinet dans la restauration. Que se soit payant ou gratuit, il faut que ça soit disponible. Mais pour le moment ce n'est pas le cas", assénait le pétitionnaire.

Il rappelait que plusieurs pays se sont déjà engagés dans la voie de la distribution de carafes d’eau dans les restaurants. La France est bien évidemment en tête de la liste où la carafe est non seulement culturellement incontournable mais une obligation légale.

Pour être exact, il faut préciser que la carafe d’eau n’est pas expressément gratuite, mais qu’elle est "comprise dans le prix du repas" au même titre que le pain, la vaisselle, verrerie, serviette… (arrêté du 8 juin 1967).

C’est également le cas en Italie où l’addition se voit majorée presque toujours de quelques euros pour "pani e coppertti" (pain et couverts), qui comprend une carafe d’eau. L’Autriche propose de l’eau à prix coûtant, la Norvège ou les États-Unis gratuitement… De plus en plus de restaurants un peu partout, suggèrent de l’eau filtrée (qui peut aussi être pétillante) à un prix plus modeste que l’eau minérale embouteillée…

LE POINT DE VUE DE L'HORESCA 

"Cela ne fait pas partie de la culture traditionnelle du Luxembourg", croit savoir indiqué le secrétaire général de l'Horesca, François Koepp qui estime que "peu de gens la demandent et peu de restaurant la refusent".

Posée sur la table des clients, la carafe d'eau gratuite diminuerait le chiffre d'affaires des restaurateurs. François Koepp annonce: "quand quelqu'un veut la gratuité, quelqu'un d’autre paye". Servir de l'eau, même du robinet, à un coût: l’achat de la carafe, le prix de l’eau, le service pour servir et nettoyer les carafes, parfois des glaçons…

"Les restaurateurs ont déjà bien du mal. Ce n’est pas à eux de supporter ce coût. Mais ce ne serait pas une bonne chose de voir les prix augmenter", conclut François Koepp. Il soulève encore la question de la sécurité de cette eau: "qui garantit la qualité de l’eau, qui est responsable s’il y a un problème : le fournisseur ou le restaurateur?"