En mars dernier au Tribunal de police de Luxembourg, un homme a été condamné pour coups et blessures volontaires à une amende de 250 euros, la peine maximale.

Les faits remontent à juin 2017. Un couple était alors parti en week-end en laissant la clé de leur appartement à une connaissance pour qu'elle nourrisse le chat. Le lundi soir, la connaissance s'était tardivement rappelée qu'elle devait veiller sur l'animal et elle avait emmené son ami. Mais à ce moment-là, le couple était déjà rentré de week-end et il s'était couché. Les deux conjoints se sont réveillés quand ils ont entendu quelqu'un passer la porte de l'appartement. Si la personne a priori chargé de l'animal s'est annoncée en bas des escaliers, l'accusé était arrivé en courant et avait donné un coup de poing en plein visage à son ami. La victime a souffert d'une blessure grave qui a déjà nécessité six interventions chirurgicales.

Une affaire dramatique et atypique

Un accusé qui affirme avoir cru à un cambriolage en plein milieu de la nuit et une victime qui regrette d'avoir des blessures et des séquelles qui subsisteront le reste de sa vie. C'est pour ainsi dire la situation de départ de cette affaire dramatique et pénible, comme l'a qualifié le représentant du Parquet jeudi matin.

61.000 euros de dommages et intérêts

Par ailleurs, il y a des déclarations contradictoires de la part des deux hommes quant à l'endroit où se trouvait la victime (dans l'entrée de l'appartement, à l'intérieur, selon l'accusé; à un mètre/un mètre et demi à l'extérieur, selon la victime) et quant au nombre de coups portés (un, selon l'accusé, deux, selon la victime).

L'accusé a nié avoir porté un deuxième coup, de genou cette fois, dans la poitrine. La victime a insisté sur le fait que son amie avait ouvert la porte et annoncé leur intrusion, avant de s'écarter derrière lui quand l'accusé s'était rué sur lui. La victime a demandé jeudi, comme elle l'avait fait au Tribunal de police, 61.000 euros de dommages et intérêts.

Légitime défense

Pour Maître Philippe Penning, l'avocat de l'accusé, on est ici devant une affaire atypique. Le fait de pénétrer de nuit dans un appartement est considéré comme une attaque en droit. Son client a donc agi en état de légitime défense et doit être relaxé.

Un avis partagé par le représentant du Parquet, bien que ce dernier retienne les coups et blessures volontaires retenus en première instance. En revanche, il estime tout autant que la légitime défense doit être retenue. Il y a eu violation de domicile de nuit et dans ce contexte, le coup ou les deux coups contre la victime n'aurai(en)t pas été disproportionné(s). Comme en première instance, le substitut a donc requis la relaxe de l'accusé.
Le verdict est attendu le 5 décembre.