L'économie luxembourgeoise, en pleine expansion, devrait attirer plusieurs milliers de travailleurs étrangers supplémentaires pour maintenir sa croissance.

Dans sa dernière publication, "Les cahiers de la Grande Région", parue fin septembre, le Liser estime à plusieurs milliers le nombre de nouveaux travailleurs indispensables au maintien de la croissance luxembourgeoise.

C'est ce qu'affirme la Fondation Idea, dont l'économiste Vincent Hein signe l'article intitulé "Évolutions démographiques au Luxembourg : quels équilibres frontaliers – nouveaux résidents ?". D'après lui, avec une croissance proche de 3% et un gain de productivité de l'ordre de 1,4%, le Grand-Duché devra trouver, en moyenne, 9.700 travailleurs étrangers par an d'ici à 2030.

Ce besoin influencera l'évolution de la population grand-ducale. Une partie des offres d'emploi sera comblée par l'arrivée de nouveaux frontaliers, l'autre sera fournie par des résidents étrangers supplémentaires. Ainsi, la population du Luxembourg évoluera pour atteindre entre 735.000 et 785.000 résidents. Plus ce nombre sera important, moins le pays devrait recourir aux frontaliers. Ces derniers devraient être entre 253.000 et 282.000 en 2030.

L'économiste met notamment en lumière la nécessité pour le gouvernement d'évaluer quelles seront ses recettes et dépenses en cas d'une politique davantage orientée vers l'immigration pour rehausser le nombre de résidents. Si les dépenses de consommation des résidents augmenteront en même temps que la population, rehaussant les recettes fiscales de l'État, il faudra également investir dans de nombreuses infrastructures et services pour supporter cette accroissement de la population (routes, écoles, nouveaux quartiers...). "Un champ de recherche à creuser, assurément, afin d’éclairer tout choix politique en la matière" conclut l'économiste.