Qu'est-ce qui attend un jihadiste présumé qui revient en Europe ou au Luxembourg après un passage par le Proche Orient?

Telle est la question qui a été examinée mardi matin par les députés des Commissions de la Justice et des Affaires étrangères, en présence des ministres concernés, à savoir Sam Tanson et Jean Asselborn. Le thème de la réunion était la situation juridique des combattants jihadistes de nationalité étrangère et incarcérés en Syrie et plus particulièrement du cas de Steve Duarte de Meispelt, qui a été arrêté en Syrie.

Pas de nouvelles de Duarte depuis l'offensive turque

Le ministre des Affaires étrangères a précisé que depuis l'offensive turque en Syrie, le gouvernement luxembourgeois n'a pas nouvelles du ressortissant portugais détenu dans une prison de ce pays.

Vu les évolutions géopolitiques actuelles, le Luxembourg veut être préparé à un retour éventuel, a dit la ministre de la Justice, Sam Tanson. "S'il passe la frontière luxembourgeoise de son plein gré, nous devons pouvoir agir; pour ce faire, la Justice a effectué des travaux préparatoires."

Mandat d'arrêt international

Un mandat d'arrêt international a été délivré à l'encontre de Steve Duarte, afin de disposer des moyens de l'emmener à Schrassig et qu'il puisse ensuite y avoir procès, selon le député LSAP Marc Angel, qui est aussi président de la Commission des Affaires étrangères.

Le gouvernement soutient l'idée d'un tribunal international en Irak. Le CSV aussi. Le premier parti d'opposition se demande par ailleurs si nous avons les moyens pour encadrer un tel personnage de manière adéquate à Schrassig.

Pour le député Laurent Mosar, il faut éviter un retour. En effet, il ne s'agit pas ici d'un photographe amateur ou d'un pizzaïolo, mais d'un terroriste.

Gros doutes sur ses déclarations

De même, pour le député des Pirates, Sven Clement, il ne faudrait pas sous-estimer Steve Duarte, parce qu'il y a de gros doutes sur la véracité de ses déclarations.

Steve Duarte a la nationalité portugaise. Le député ADR Fernand Kartheiser se réfère à une responsabilité éventuelle de l'Etat portugais. Il faut voir s'il y a une responsabilité en droit pénal portugais, par le fait qu'il se soit engagé librement dans une armée irrégulière.

Steve Duarte reste pour l'instant le seul personnage pour lequel cette question se pose. 
Un groupe de travail se réunit régulièrement afin d'évaluer les risques et le cas échéant, de prendre des mesures.