En 2018, le Statec a évalué plus de 105.000 le nombre de résidents du Luxembourg vivant sous le seuil de pauvreté.

Le Luxembourg, un pays de riches? C'est beaucoup plus compliqué que ça. Du moins, surtout lorsque l'on se penche sur le volet "Pauvreté et exclusion sociale" de la dernière étude du Statec sur le travail et la cohésion sociale.

Là où le revenu disponible médian d'un adulte est estimé à 3.356€ par mois (la moitié a plus, l'autre moitié a moins), le Statec a constaté qu'en 2018, 18,3% des résidents du Luxembourg vivaient sous le seuil de pauvreté. Cela signifie qu'ils ont moins de 60% de cette somme pour vivre. Cela représente 105.620 personnes vivant avec moins de 2.013€ par mois (pour une personne seule). "À titre de comparaison, pour une personne seule, au 1er janvier 2018, la pension minimum personnelle est de 1.772€ et le RMG (devenu REVIS depuis le 1er janvier 2019) pour une première personne adulte est de 1.401€" note le Statec, démontrant ainsi la partielle inadéquation de ces minima sociaux pour réduire la pauvreté.

CHÔMEURS, ÉTRANGERS ET PARENTS SEULS S'EN SORTENT MOINS BIEN QUE LES AUTRES

Au cours des dernières années, le taux de risque de pauvreté s'est d'ailleurs accru, avant de se stabiliser depuis deux ans. Mais face aux risques de pauvreté, nous ne sommes pas tous égaux. Près de la moitié des individus au chômage sont en risque de pauvreté. Et d'importants écarts apparaissent selon la nationalité: les résidents luxembourgeois, qu'ils travaillent ou non, sont deux fois moins concernés que les résidents étrangers. Le constat est le même pour les moins diplômés par rapport aux plus diplômés.

Si leur situation s'est améliorée au cours des deux dernières années, les familles monoparentales sont "plus exposées au risque de pauvreté" que les couples, quelque soit le nombre d'enfants à charge: quatre parents seuls sur dix sont concernés.

Plus globalement, le Statec a évalué à 5% le part totale de la population ayant connu une situation de pauvreté continue de 2015 à 2018. Quatre longues années. Et 29% l'a été au moins un an sur cette même période.

LES AIDES SONT-ELLES SUFFISANTES AU LUXEMBOURG?

Et la solidarité dans tout ça? Il semblerait qu'elle ne suffise pas à équilibrer les comptes. Du moins, pas complètement. Si les transferts sociaux aident effectivement à réduire de deux tiers ce risque de pauvreté, sans pour autant le faire disparaître. Surtout, ils ne luttent que partiellement contre les inégalités.

Le graphique montre comment le risque de pauvreté diminue avant les transferts sociaux (couleurs sombres) et après (couleur claire). / © Rapport Travail et Cohésion sociale, Statec 2019

Alors que les mieux lotis s'enrichissent plus vite que les moins aisés, la redistribution ne parvient pas à suffisamment limiter les écarts de revenus. Les 10% des résidents les plus riches possèdent des revenus dix fois supérieurs aux 10% les plus pauvres. Soit en moyenne 9.882€ par mois et par personne, contre 979€ pour les derniers.

Dans un monde où l'égalité parfaite des revenus est une utopie, le Luxembourg ne sort pas du lot et laisse des miettes aux moins bien lotis. La moitié la plus aisée de la population possède 72,6% de l'ensemble des revenus. Les 10% les moins riches n'en possèdent qu'une infime part: 2,4%. Reste alors à déterminer de combien une personne seule ou une famille avec deux enfants a besoin pour vivre a-t-elle besoin pour vivre décemment. Ce que nous tenterons de comprendre jeudi matin sur RTL 5minutes.