Il semble qu'il y ait un rapport entre le vaccin contre la grippe porcine et la narcolepsie.

La pandémie de grippe porcine avait pris fin en juin 2010. Elle avait duré 15 mois et avait coûté la vie à 15.000 personnes à travers le monde. Dans le cas d'une grippe saisonnière, entre 250.000 et 500.000 personnes décèdent durant la même période. Le vaccin Pandemrix, vendu à 400 millions d'exemplaires en Europe, a déclenché environ 1.300 cas démontrés de narcolepsie et a rapporté à la société Glaxo Smith Klein environ 900 millions d'euros de bénéfices. L'Administration de la Santé insiste sur le fait que le vaccin de 2009 était unique et n'avait rien à voir avec le vaccin contre la grippe saisonnière.

La crédibilité de l'Organisation mondiale de la Santé a été remise en question. Une commission du Conseil européen a été chargée de déterminer si l'OMS avait été influencée dans ses décisions.

Qu'est-ce que l'on sait?

Dès fin 2009, les cas de narcolepsie se sont multipliés principalement dans les pays nordiques. Début 2010, 170 nouveaux cas de cette maladie rare étaient répertoriés en Suède, surtout chez les jeunes. Tous s'étaient fait vacciner contre la grippe H1N1.

Dix ans plus tard, le lien entre vaccin et maladie a été reconnu et n'est plus contesté.

Qui est concerné?

Dans toute l'Europe, 1.300 cas de personnes frappées de narcolepsie après la vaccination, ont été dénombrés. Dans de nombreux pays, notamment en Suède, Finlande, Angleterre et aussi en Allemagne, ces personnes ont déjà été indemnisées. Le phénomène - une maladie qui survient après une vaccination - est extrêmement rare. Sa survenue nécessite la conjugaison de deux facteurs: un vaccin précis et une prédisposition génétique précise.

Le PANDEMRIX © est-il responsable?

Pour lutter contre le virus, cinq vaccins différents ont été développés en Europe. Le Luxembourg achète principalement le vaccin Pandemrix© de la société anglaise Glaxo Smith Klein. Un produit qui a été mélangé avec un adjuvant déjà controversé à l'époque, un adjuvant qui rend le vaccin plus puissant. En 2019, on sait que ce n'est pas le vaccin lui-même qui a déclenché une narcolepsie chez certaines personnes présentant une prédisposition génétique, mais l'adjuvant qui n'a pas seulement accru l'effet du vaccin, mais aussi les effets secondaires.

Pandémie de 2009

Le 11 juin 2009, le Docteur Margaret Chan, la directrice de l'OMS, avait annoncé officiellement le plus haut niveau d'alerte dans le cadre d'une pandémie. 30.000 cas de grippe H1N1 étaient signalés dans 74 pays.

Deux mois plus tard, la pandémie était déjà catégorisée comme modérée par l'OMS. Et pourtant, le plan pour procéder à une vaccination généralisée dans tous les pays, a été maintenu. Ce qui a aussi été fait au Luxembourg fin octobre 2009.

L'Etat luxembourgeois avait commandé 700.000 doses, 45.000 ont été utilisées. Et ce pour un prix de 2,5 millions d'euros!

Seuls 40.000 Luxembourgeois se sont fait vacciner. Après la pandémie, le Grand-Duché a obtenu du groupe l'annulation d'un tiers de sa commande (qui n'avait pas encore été livré), qu'il n'a donc pas dû payer. Une partie des vaccins a été, au titre de la solidarité, mis à disposition de pays qui ne pouvaient pas se permettre d'acheter eux-mêmes le vaccin.

Critique contre l'OMS

Un an après la campagne de vaccination, de nouvelles vérités sont apparues en ce qui concerne l'OMS et l'industrie pharmaceutique. A l'époque, des contrats ont été signés entre l'industrie pharmaceutique et les Etats respectifs, dans lesquels il était précisé que les sociétés pharmaceutiques n'assumaient aucune responsabilité en cas de complications post-vaccination.

La commission de l'OMS, qui a décrété la pandémie le 11 juin 2009 se retrouve dans le viseur. Cette décision est-elle entachée de conflits d'intérêts?

L'ancien député Jean Huss, qui a participé à la fondation du Parti vert luxembourgeois, estime que c'était bien le cas, soulignant qu'un certain nombre de conseillers de la commission de l'OMS avaient des laboratoires qui ont développé les vaccins en question.

Le ministre de la Santé de l'époque, Mars di Bartolomeo, a expliqué qu'à l'époque, il avait trouvé inacceptable le fait que chaque pays soit contraint de négocier avec des entreprises pharmaceutiques et de commander individuellement des vaccins et recommandait plutôt une approche commune en cas de pandémie similaire.