Ville hautement cosmopolite, Luxembourg-ville brasse les nationalités et donc les langues. Le Français domine dans les commerces - c’est la langue la plus utilisée au travail selon le Statec -, certains résidents le regrettent mais la plupart restent très bienveillants.

Les Luxembourgeois, qui parlent en général quatre langues à l’âge adulte, n’ont pas de problème pour passer de l’une à l’autre selon les circonstances. Mais devoir abandonner systématiquement sa langue natale dans les commerces de son propre pays peut générer un sentiment de frustration. Pourtant la langue luxembourgeoise ne s’est jamais aussi bien portée. Sa promotion bénéficie d’ailleurs d’une stratégie orchestrée par le gouvernement depuis la loi de juillet 2018. Les inscriptions aux cours de luxembourgeois ont explosé ces dernières années à l'Institut national des Langues.

Malgré tout, la “langue de cœur de la Grande-Duchesse” reste la plus parlée dans les commerces de la capitale, même si l’anglais fait son chemin. Cela s'explique notamment par la surreprésentation des Français dans les secteurs du commerce et de l’Horesca (hôtels, restaurants, cafés), phénomène qui induit d’ailleurs que ces frontaliers - les fameux "heckefransouse" -, sont moins bien rémunérés que ceux en provenance d’Allemagne ou de Belgique d'après une récente publication du Statec.

Par conséquent, entrer dans une boutique de la capitale implique souvent d’opter pour la langue de Molière. Et les résidents luxembourgeois à qui nous avons tendu notre micro réagissent avec beaucoup de bienveillance lorsqu’il s’agit de passer du luxembourgeois au français (voir notre vidéo).