Steve Duarte, le djihadiste présumé de Meispelt, se trouve actuellement dans le nord de la Syrie, détenu dans une prison secrète des Forces démocratiques syriennes (FDS).

Fin 2017, Steve Duarte a rejoint la Syrie en passant par la Turquie. Il a été arrêté fin février 2019 à Baghouz par les forces kurdes. Son épouse et ses deux enfants sont dans un camp de prisonniers en Syrie.

Petz Bartz, reporter à RTL, s'est rendu avec une caméra en Syrie pour interviewer Steve Duarte et pour en apprendre plus sur le personnage et son avenir.

Jusqu'à présent, Steve Duarte a fermement démenti avoir fait partie de l'Etat islamique. Il y a évidemment la présomption d’innocence, mais l'homme s'enferme dans des contradictions et ne semble pas crédible à 100%. L'interview a évidemment été réalisée conformément à la Convention internationale des droits de l'homme. Aucun avocat n'était présent quand Steve Duarte a été interrogé par notre journaliste. Deux collaborateurs des services secrets kurdes étaient présents dans la salle pendant l'interview, qu'ils ont enregistrée de leur côté. Dans un reportage, Petz Bartz a tenté, avec une équipe rédactionnelle de RTL au Luxembourg (Pierre Weimerskirch, Raphaëlle Dickes et Jeannot Ries) de rassembler des faits qui éclairent la vie de Steve Duarte.

Les services secrets kurdes partagent l'opinion des services secrets portugais et de l'unité anti-terroriste de la Police judiciaire portugaise, que Steve Duarte a pris part activement à une exécution à Mossoul en Irak en janvier 2016. C'est probablement le seul crime pour lequel il pourrait un jour être poursuivi. Il n'est pas inculpé pour ce fait. Les Kurdes se contentent de faire juger les djihadistes qui peuvent être poursuivis pour des agressions sur des Kurdes. Si Steve Duarte devait être extradé vers l'Irak, où le crime a été commis, le jugement encouru serait la peine de mort.

Retour au Luxembourg ?

Juridiquement, le retour de Steve Duarte au Luxembourg est presque impossible. Même s'il est né au Grand-Duché en février 1987, il a la nationalité portugaise et selon la jurisprudence, son statut de résident a expiré quand il a quitté le pays.

Steve Duarte n'a pas non plus d'avocat pour le conseiller.

Les Kurdes autonomes qui détiennent le djihadiste présumé dans le nord-est de la Syrie, ne sont pas reconnus comme Etat au niveau international. Ils ne constituent donc pas un partenaire légal de négociations pour un gouvernement luxembourgeois ou portugais. Abstraction faite de ce point, ni Luxembourg, ni Lisbonne n'ont jusqu'à présent manifesté un intérêt pour l'extradition de Duarte. Pour la Turquie, membre de l'OTAN, l’YPG, le bras armé des Kurdes dans le Nord de la Syrie, est une milice terroriste.

Les Forces démocratiques syriennes détiennent plus de 10.000 djihadistes dans leurs prisons. Plusieurs centaines de milliers de femmes et d'enfants de l'Etat islamique sont retenus dans cinq camps de prisonniers répartis dans le nord-est de la Syrie. Al-Hawl est l'un des ces camps, à la frontière avec l'Irak. Au fil des semaines, c'est devenu une pouponnière du djihadisme, où femmes et enfants vivent dans des conditions inhumaines. Les Kurdes n'ont aucune solution et la communauté internationale semble peu intéressée à en trouver une.

Le califat a été démembré, il ne peut plus revendiquer un territoire, mais les djihadistes de l'Etat islamique constituent toujours une grave menace pour la région et bien au-delà de ces frontières.