En 2018, la Police grand-ducale a reçu 739 appels relatifs à des violences domestiques, ce qui a entraîné autant d'interventions.

231 expulsions d'un partenaire violent ont été ordonnée en 2018, un chiffre en augmentation par rapport à 2017 qui était une année plutôt basse. Ces données sont tirées de la réponse de la ministre de l'Egalité entre les femmes et les hommes, Taina Bofferding, à une question parlementaire de la députée CSV Françoise Hetto-Gaasch.

Une expulsion de trois mois maximum

Dès que l'expulsion d'un auteur de violences est ordonnée, le "Service d'assistance aux victimes de violence domestique" de l'asbl "Femmes en détresse" prend contact avec la victime afin de voir avec elle comment elle pourrait être encadrée, et cela, qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme. L'expulsion de l'auteur peut durer deux semaines, elle peut ensuite encore être prolongée jusqu'à trois mois. Après cette mesure, il ne se passe en général rien.

C'est quelque-chose qu'il faut changer, explique Andrée Birnbaum de "Femmes en détresse": „Et même trois mois, ça ne suffit pas. Si quelqu'un a besoin d'un nouveau logement, il ne le trouve pas en trois mois, une femme qui n'avait pas de travail, qui doit trouver un travail, les enfants qui doivent changer d'école. Alors les femmes renoncent souvent et veulent reprendre la vie commune avec leur partenaire. Et on en arrive souvent à une récidive".

© Nadine Gautier

48 récidives en 2018

Il y a eu 48 cas de récidives en 2018. Par ailleurs, par manque de moyens, la police ne procède pas à un contrôle systématique du respect de la mesure d'expulsion. "Imaginez-vous un peu, s'il faut pour chaque expulsion contrôler 24 heures sur 24 si l'homme ne revient pas. Ce serait l'idéal, nous le souhaiterions. Nous examinons au sein du Comité violence [...] comment mieux collaborer afin de pouvoir mieux protéger la victime. Mais le risque zéro n'existe pas", selon Andrée Birnbaum.

Mille femmes environ contactent chaque année l'association "Femmes en détresse" et ses 14 services afin d'obtenir des informations, par exemple pour être informées de leurs droits ou pour demander concrètement de l'aide. Les femmes qui s'adressent à l'asbl n'ont pas de profil précis.

"Les violence domestiques, c'est quelque-chose de progressif. Cela commence souvent avec des violences psychologiques. Et les femmes ne sont pas conscientes qu'elles subissent des violences. Elles sont toujours rabaissées jusqu'à croire qu'elles ont fait quelque-chose de mal, qu'elles ne se comportent pas bien", explique la collaboratrice de "Femmes en détresse".

Un service dédié à la prise en charge des auteurs

Dans les cas de violences domestiques, tandis que la victime est prise en charge par les services de "Femmes en détresse", c'est le service "Riicht eraus", un service prenant en charge les auteurs de violences domestiques, qui s'adresse au partenaire violent. Après l'expulsion, ce dernier est invité à un rendez-vous, au cours duquel il sera sensibilisé au sujet des violences domestiques. Mais là aussi, il y a un problème: si l'auteur se soustrait à cette rencontre, personne ne peut vraiment le contraindre.

Si on considère le nombre d'expulsions, dans 89% des cas, ce sont les femmes qui sont victimes des violences domestiques.