Le ministère des Affaires étrangères a confirmé que le Luxembourg fait partie des cinq pays d'accueil.

L'Ocean Viking, qui attendait un port sûr pour débarquer 82 migrants secourus en mer, a été autorisé par l'Italie à accoster sur l'île de Lampedusa, a annoncé samedi SOS Méditerranée qui affrète ce navire humanitaire. Le feu vert de Rome intervient peu après l'entrée en fonction du nouveau gouvernement de Giuseppe Conte dont est absent Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur sortant qui s'était farouchement opposé au débarquement des navires humanitaires sur les côtes italiennes.

Selon des précisions à l'AFP du ministère de l'Intérieur français, les 82 migrants qui débarqueront à Lampedusa seront ensuite répartis dans cinq pays européens -- Italie, France, Allemagne, Portugal, Luxembourg -- aux termes d'un accord ad hoc.

La négociation d'un mécanisme temporaire de "répartition automatique" en Europe des migrants secourus en Méditerranée a été confirmée jeudi par une source diplomatique à Bruxelles. Ce projet a été présenté par le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte mercredi à Bruxelles. Il impliquerait la France et l'Allemagne, qui y seraient favorables, ainsi que l'Espagne, le Luxembourg, la Roumanie, le Portugal et Malte, selon des médias italiens.

M. Conte a évoqué de "possibles pénalités financières" pour les pays européens refusant l'accueil de migrants, allusion aux quatre pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie).

Le projet devrait être discuté mercredi prochain lors d'une rencontre à Rome entre M. Conte et le président français Emmanuel Macron, puis de façon plus détaillée le 23 septembre à Malte par les ministres de l'Intérieur de divers pays dont la France, l'Allemagne, Malte et la Finlande, et des représentants de la Commission européenne.

Le ministre allemand de l'Intérieur Horst Seehofer a confirmé que l'Allemagne prendrait en charge 25% des migrants secourus arrivant en Italie dans le futur mécanisme. "Ce ne serait pas trop pour notre politique de l'immigration", a-t-il déclaré samedi au quotidien Süddeutsche Zeitung, estimant qu'il était temps de mettre un terme au "douloureux processus" de négociations au cas par cas pour les navires d'ONG, dont certains ont dû attendre plusieurs semaines en mer.

Le projet serait temporaire, dans l'attente de la renégociation, réclamée par Rome, du règlement européen de Dublin qui confie le traitement des demandes d'asile au pays d'arrivée.

M. Salvini, qui a provoqué le 8 août la chute du gouvernement en réclamant des élections anticipées à l'automne, est désormais dans l'opposition. Il a été remplacé à l'Intérieur par la préfète Luciana Lamorgese, sans étiquette politique et qui connaît bien ce sujet.