La sœur du Luxembourgeois disparu à la fin du mois de juin en Bolivie est sur place pour tenter de retrouver sa trace. Elle a accepté de nous parler.

"Nous n'avons plus eu de nouvelles de Nicolas depuis le 15 juin" se désespère Catherine, sa sœur, qui a décidé de se rendre, il  y a près d'un mois, en Bolivie "pour faire bouger les choses". Exténuée, elle nous a raconté son calvaire depuis la disparition de son frère lors d'un entretien téléphonique.

"J'ai tout plaqué pour partir à la recherche de Nicolas", nous explique-t-elle. Travail, amis, famille: Catherine a tout laissé derrière elle le 7 août lorsqu'elle est partie de Wellington pour rejoindre la Bolivie. Depuis, elle se "démène" et "sillonne le pays" à la recherche de la moindre trace de son frère.

"On a fait appel à la communauté des motards pour diffuser l'avis de disparition, on a lancé une page Facebook pour recueillir les témoignages de locaux qui auraient vu Nicolas, on a même reçu l'aide de Juan Carlos Salvatierra, une star du Paris Dakar en Bolivie", mais rien n'y fait. La dernière trace officielle du passage du Luxembourgeois remonte au 16 juin, lorsqu'il a passé la frontière bolivienne.

À son arrivée sur place, Catherine a rencontré le consul honoraire du Luxembourg qui lui a mis un avocat à disposition afin de mettre la main sur les papiers nécessaires pour retrouver son frère. Elle a ensuite poursuivi ses recherches avec l'aide de la police bolivienne qui d'après elle, "manque cruellement de moyens".

"Les policiers boliviens font ce qu'ils peuvent et sont très humains mais leurs moyens sont très limités. Je suis allée à Puerto Acosta, le poste de frontière où Nicolas s'est enregistré à son arrivée en Bolivie avec l'inspecteur de la FELCC chargé de l'enquête. Nous y sommes allés en minibus. Ils n'avaient même pas les moyens de lui donner un véhicule."

"IL NE FAIT PAS BON ÊTRE LUXEMBOURGEOIS..."

Sur place depuis près de trois semaines, Catherine déplore le manque d'implication des autorités luxembourgeoises: "La police luxembourgeoise ne fout rien! À chaque fois qu'on les contacte, on nous dit 'ce n'est pas notre problème', 'adressez-vous à la police bolivienne'. On m'a même reproché d'avoir lancé l'alerte trop tard."

Elle compare le cas de son frère à la disparition de deux randonneurs, un homme et une femme, originaires d'Amsterdam en Bolivie en l'an 2000. "L'ambassade néerlandaise avait composé une équipe d'experts pour essayer de les retrouver ! Et là, rien !" s’exclame-t-elle.

À ses yeux, "il ne fait pas bon être luxembourgeois lorsqu'on disparaît en Amérique latine. Le Luxembourg n'a presque pas de représentation ici et il faut donc se reposer sur le bon vouloir des ambassades d'autres pays."

Épuisée, Catherine songe maintenant à rentrer. Elle nous a confié: "Je paie tout de ma poche ici et je n'ai presque plus de moyens. J'ai peur de partir parce que je me dis que les recherches vont s'arrêter là..."

DES RECHERCHES EN POLOGNE

De son côté, la sœur cadette de la famille, Sophie Holzem, est partie pour la Pologne où leur frère s'était installé récemment. Le but: avoir accès à son appartement pour trouver des informations supplémentaires sur le voyage qu'avait planifié Nicolas et éventuellement avoir accès aux relevés de ses cartes bancaires.

Catherine explique: "Nous avons impérativement besoin des numéros de carte de crédit de Nicolas. Non seulement pour essayer de le localiser mais aussi parce qu'il y a une pratique en Amérique latine qui consiste à prendre en otage des étrangers afin de les forcer à retirer régulièrement de l'argent jusqu'à que leur compte soit vidé."
 
Nous avons appris jeudi matin que l'accès à cet appartement avait fini par lui être accordé sous la surveillance de la police polonaise. Sophie Holzem, qui doit revenir aujourd'hui au Luxembourg, a tout juste eu le temps de nous dire: "J'ai pris ce que j'ai pu... "

L'enquête qui se déroule maintenant sur trois fronts, pourrait donc peut-être enfin avancer grâce à la persévérance des deux sœurs.

Contactés par nos soins, les services de police luxembourgeois ont réagi vendredi matin. Découvrez leur réponse ici.

Nous avons constaté que malgré les déclarations de la police luxembourgeoise, le profil de Nicolas Holzem ne figure pas encore dans la base de données des personnes disparues d'Interpol. / © Capture d'écran Interpol