La mère de famille à l'origine des images de la tornade qui ont fait le tour de l'Europe nous a raconté la catastrophe et ce qui a suivi.

On est vendredi, il est approximativement 18h lorsque le vent se lève sur les communes de Bascharage et Pétange. L'impensable est sur le point de se produire.

Une mère de famille est à la fenêtre de son appartement. Manuela Galvez est devant l'évier, se lave les mains et a l'intention de préparer le dîner lorsque les éléments se déchaînent.

Au milieu de la tempête, elle voit quelque chose se former et appelle son mari pour qu'il vienne voir. "Je n'ai pas compris ce qui se passait..." explique-t-elle

C'est alors qu'elle a ce réflexe : elle sort son téléphone et commence à filmer en restant à la fenêtre, inconsciente du danger. C'est son fils qui fini par la sortir de sa torpeur et l'oblige à s'éloigner de la fenêtre.

Ensuite, ça va très vite. Manuela rejoint ses petits-enfants dans le couloir, rallumée, elle ferme toutes les fenêtres avec l'aide de son mari et de son fils puis la famille se met à l'abri en attendant que la tempête passe.

"PIRE QUE DANS UN FILM"

Des instants qui suivent le passage de la tornade, Manuela Galvez ne mentionne que la réaction de sa voisine. "Elle est venue me voir en pleurs pour me dire que tout était détruit. Pour ma part, je n'avais pas encore réalisé ce qu'il s'était passé. J'ai même cru à une explosion". Un témoignage qui en dit long sur la violence de la tornade.

Ensuite, c'est le calme. Les rafales de vent sont passées aussi vite qu'elles se sont levées ne laissant que dévastation et désespoir dans leur sillage. La famille, comme beaucoup d'autres vendredi, se relève et ne peut que constater les dégâts.

"C'était pire que dans un film. La toiture a été arrachée, notre salle de bain détruite, la chambre aussi, les fenêtres ont explosé. Seul le premier étage a été épargné. Les fenêtres ont aussi été endommagées mais comme c'est du double-vitrage, elles ont juste cédé à l'extérieur", nous confie-t-elle.

Cette soirée là, la famille l'a passée dehors. Elle a fini par se rendre à un restaurant qui promettait des pizzas aux sinistrés ("elles ne sont jamais venues") puis a embarqué dans un bus vers 23h pour être relogée à l'hôtel Gulliver de Bascharage.

LES JOURS D'APRÈS

Manuela Galvez nous raconte qu'elle a pu accéder à son appartement le lendemain de la catastrophe: "On voulait voir l'étendue des dégâts. Les pompiers nous ont permis d'aller voir."

Le constat est accablant. Entre les vitres brisées, la toiture arrachée et le plafond de la salle de bain qui risque de s'effondrer, la mère de famille ne sait plus où donner de la tête. Heureusement, après la catastrophe, vint la solidarité.

"Les pompiers, les gens de la commune, les voisins, les voisins des voisins: tout le monde a mis la main à la pâte. Des gens sont même venus d'Allemagne, des Pays-Bas et de la France pour aider leurs familles. " se réjouit-elle. Elle ajoute: "La femme du Bourgmestre est exceptionnelle. Elle nous a appelé, s'est assurée qu'on allait bien. Elle est vraiment super cette femme."

Pour la famille, ça a été le début d'une longue série d'allers-retours entre l'hôtel et l'appartement. Entre les travaux, le passage des assureurs, le nettoyage et le stress accumulé suite à la catastrophe, Manuela nous confie: "On n'a pas dormi depuis trois jours."

Une insomnie qui ne s'arrange pas depuis que sa vidéo a fait le tour de la toile...

CRITIQUÉE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

"Mon mari me répète sans cesse de ne pas lire les commentaires mais certaines personnes sont vraiment méchantes", se désespère-t-elle.

Critiquée pour être restée à la fenêtre, pour ne pas s'être occupée de mettre les enfants en sécurité, pour avoir sorti son téléphone... Manuela Galvez en a vu de toutes les couleurs.

"J'ai pris conscience de la bêtise que j'ai faite en restant à la fenêtre. Mais en même temps, qui aurait pu prévoir qu'une tornade frapperait le Luxembourg?", répond-elle à ses détracteurs.

En ce qui concerne ses petits enfants, elle explique: "Mon fils venait tout juste de les récupérer à la crèche, ils étaient dans le couloir et en sécurité. J'étais seule dans la cuisine avec mon mari quand ça s'est passé".

Déjà empêtrée dans une situation très compliquée, la sinistrée nous explique que les malheurs s'accumulent: "Mon mari et moi sommes très malades. Nous vivons à sept dans un appartement et on va y retourner dès demain alors qu'il y fait très froid et que des abeilles y ont élu domicile. Ça ne s'arrête jamais..."

En effet, le retour de la famille à leur domicile est prévu pour mercredi matin. Et d'après Manuela, bien que le toit ait été étanchéifié à l'aide de bâches et de poutres en bois, les conditions de vie y sont toujours précaires.

Elle compte se rendre à la réunion prévue mardi à 20h avec le collège échevinal et certains assureurs pour discuter des problèmes qui restent à régler pour que sa famille puisse éventuellement reprendre leur vie là où elle s'était arrêtée vendredi dernier.