Un projet de loi adopté aujourd'hui au Luxembourg va assimiler l'euthanasie et l'assistance au suicide à une mort naturelle. Une décision importante, notamment pour les assureurs.

Dix ans après avoir officiellement légalisé l'euthanasie et l'assistance au suicide, le Luxembourg franchi une nouvelle étape. Le conseil de gouvernement a adopté ce jeudi un projet de loi qui propose d'assimiler ces morts assistées à "une morte naturelle".

Le but, explique le ministre de la Santé Étienne Schneider, est de clarifier les conséquences du décès, "notamment en ce qui concerne les circonstances de la mort, particulièrement dans le cadre d’une assurance-vie que le patient décédé a éventuellement souscrit".

Il arrive en effet que certains assureurs refusent, sous certaines conditions, de réaliser le paiement du capital prévu d'une assurance-vie, en raison du suicide de l'assuré. La mesure aura donc une conséquence concrète, puisque l’euthanasie et l’assistance au suicide ne seront plus considérées comme un suicide.

PAS DE "TOURISME DE LA MORT"

À noter que depuis l’entrée en vigueur de la loi en 2009, le nombre des déclarations d’euthanasies reste constant. Il n'y a donc pas eu de grand "tourisme de la mort" comme certains le redoutaient. Entre 2009 et 2010, il y a eu 5 déclarations d’euthanasies au Luxembourg. Pour la période de 2011 à 2012, ce nombre s’élevait à 14, ensuite à 9 en 2013, à 7 en 2014, à 8 en 2015, à 10 en 2016, à 11 en 2017 et à 8 en 2018.

À noter également que la loi exige entre autres que le patient se trouve dans une situation médicale sans issue et fasse état d’une souffrance physique ou psychique constante et insupportable sans perspective d’amélioration, résultant d’une affection accidentelle ou pathologique.