Plus d'un locataire de logements sociaux sur cinq fait partie des classes les plus aisées, affirme l'OCDE dans un rapport qui épingle la politique luxembourgeoise en la matière.

Au Luxembourg, les logements sociaux "devraient viser ceux qui sont le plus dans le besoin".

Une évidence qui n'est pourtant pas respectée, écrit l'OCDE dans son dernier rapport. L'Organisation de coopération et de développement économiques dresse un constat sévère de la politique luxembourgeoise en matière de logements sociaux.

Le premier constat est celui d'une pénurie. Le stock de logements sociaux au Luxembourg est l'un des plus bas dans l'OCDE (à noter cependant que l'OCDE se réfère à des données de 2011). L'Organisation pointe des logements "insuffisamment ciblés" qui ne "semblent pas protéger les ménages à faible revenu de la pénurie de logements abordables".

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Par conséquent, les "listes d'attentes des fournisseurs de logements sociaux publics sont longues et le renouvellement faible". Il faut dire que les loyers dans ce secteur protégé sont en moyenne inférieurs de 30% aux loyers du marché!

Des critères d'admissions "souples, au prix d'une transparence moindre", font que les délais d'attente peuvent varier considérablement en fonction des besoins des ménages. Ce qui fragilise, évidemment, l'équité d'accès à ces logements sociaux.

DES LOYERS PAS ASSEZ ÉLEVÉS POUR LES PLUS RICHES

L'OCDE en donne la preuve avec un chiffre édifiant: "Plus de 20% des locataires de logements subventionnés provenaient des deux quintiles (NDLR: un cinquième, ou 20%) de revenus les plus élevés en 2014".

Autrement dit, plus d'un locataire sur cinq de logements sociaux au Luxembourg fait partie des classes les plus aisées! Et les classes moyennes sont également bien représentées, puisqu'au final, seul un tiers des ménages les plus pauvres (1er quintile) occupent ces logements sociaux.

OCDE

Que font encore ces locataires aisés dans des logements sociaux, alors qu'ils devraient logiquement céder leur place dès que leur situation financière s'améliore? Pour l'OCDE, cette situation "reflète le fait que les locataires dont les conditions de revenu s'améliorent doivent payer un loyer plus élevé à la suite de la vérification annuelle de leur situation de revenu, sans pour autant quitter le logement social". En d'autres termes, si vous devenez plus riche, le loyer augmente, mais on ne vous montre pas la sortie pour autant...

Bref, à défaut d'un renouvellement plus équitable dans ce secteur, il faudrait au moins que les loyers "augmentent plus fortement avec les revenus" plaide l'OCDE. Le but étant évidemment d'inciter les ménages les plus riches à quitter ces logements sociaux pour rejoindre le secteur locatif privé. Et ainsi libérer le logement social pour ceux qui en ont vraiment besoin.