L'Insee vient de publier d'intéressantes données sur la hausse du nombre de frontaliers français au Luxembourg. Voici ce qu'il faut en retenir.

C'EST LE DEUXIÈME PAYS D'ACCUEIL DES FRONTALIERS FRANÇAIS

Si le contingent de Français représente la plus grande part de frontaliers au Luxembourg, ce dernier n'est "que" le deuxième pays à en compter le plus. Les données de l'Insee montrent qu'en 2015, 75.000 Français traversaient la frontière chaque jour pour se rendre au Grand-Duché (85.000 selon le Statec, et 100.000 aujourd'hui). La même année, ils étaient déjà plus de 179.000 à se rendre en Suisse.

"La Suisse est la première destination des travailleurs frontaliers : elle capte près de la moitié des actifs en emploi sortants" écrit l'Insee dans son rapport. Et le Luxembourg en compte un sur cinq, soit 20% de tous les frontaliers français.

LA PROGRESSION EST SPECTACULAIRE

Avec une économie et un marché du travail dynamiques, le Luxembourg a besoin d'attirer de nombreux frontaliers pour satisfaire les offres de ses entreprises. Entre 2010 et 2015, le nombre de travailleurs frontaliers français a, en moyenne, augmenté de 2,5% par an. Bien plus que dans les autres pays voisins de l'Hexagone (-0,9% en Allemagne, 1,3% en Belgique, 1,2% à Monaco et -1,3% en Espagne). Seule la Suisse fait mieux avec une hausse de 3,6% par an sur la même période.

LE GRAND-DUCHÉ EST DÉPENDANT DE SES FRONTALIERS

Avec environ 45% de ses emplois salariés occupés par des frontaliers, le Luxembourg a "une forte dépendance" à cette main-d'oeuvre voisine. Et "tous les secteurs sont fortement concernés, à commencer par l’industrie où les frontaliers venant de France occupent 30 % des emplois." Les ouvriers représentent 29% du total des frontaliers issus de France.

Néanmoins, c'est bien le secteur tertiaire - celui des services - qui emploie le plus, à l'image de toute l'économie luxembourgeoise.

LES FRONTALIERS SE CONCENTRENT... AUX FRONTIÈRES

Sans surprise, les frontaliers sont particulièrement nombreux aux abords des frontières, dans une zone située à moins de 25 km de leur pays de travail. Dans cette zone, la part des frontaliers peut dépasser les 34% de la population active.

Même dans des zones plus éloignées, comme autour de Metz ou dans le sud du Pays-Haut, la part des frontaliers dans les résidents actifs est estimée entre 9 et 21%. Le taux de frontaliers est d'ailleurs bien plus élevé aux abords du Luxembourg (et de la Suisse) qu'à proximité des frontières allemands et belges.

© Eurogeographics - Insee

MAIS L'EMPLOI NE SE DÉVELOPPE PAS SI BIEN EN FRANCE

Partant du principe que les revenus, les besoins de services et la consommation des frontaliers sont censés aider à développer l'emploi côté français, l'Insee constate que ce n'est pas le cas.

Le "dynamisme économique luxembourgeois" stimule bien le secteur de l'immobilier et les installations mais "n'a pas d'effet positif sur l'emploi local, qui décroît sensiblement". Et avance que l'emploi local baissé de 1,5% et de 0,8% à Longwy et Thionville. "L’emploi diminue également dans la zone d’emploi de Metz (– 1,1 %) tandis que la population y reste stable."