Les jeunes luxembourgeois de Youth For Climate Luxembourg ont répondu à nos questions, à la veille de leur deuxième grande manifestation.

Vendredi après-midi, les jeunes luxembourgeois mèneront leur deuxième grand rassemblement en faveur du climat au Kirchberg. Un rendez-vous organisé par Youth For Climate Luxembourg qui les mènera de la place de l'Europe au Pont Rouge, où ils comptent bloquer une partie de la circulation. RTL 5minutes a pu échanger avec Selma Vincent, 16 ans, lycéenne à Luxembourg-ville et une des organisatrices de l'événement.

RTL 5minutes: Vous organisez votre seconde grande manifestation cet après-midi? Pourquoi?

Selma Vincent: "Il y aura des manifestations partout en Europe vendredi car nous sommes à deux jours des élections européennes, c'est symbolique. Nous n'appelons pas à voter pour tel ou tel parti, mais à prendre le climat en considération lors du vote.

Si nous nous mobilisons au Luxembourg, c'est surtout à cause du refus du gouvernement de décréter l'urgence climatique (déi Lénk avait proposé une motion en ce sens la semaine passée, ndlr). C'était pourtant nécessaire. Nous sommes parmi les plus gros émetteurs de CO2 et consommateurs de viande. On ne fait pas assez pour sensibiliser sur le changement climatique. Et c'est quand même assez dingue qu'on puisse se dire qu'on connaît tous quelqu'un qui possède deux ou trois voitures."

© Youth for climate Luxembourg

Comment va se dérouler le rassemblement?

"Le rendez-vous est à 15h sur la place de l'Europe, au Kirchberg. Il y aura des consignes données avant de descendre vers le Pont Rouge, où nous bloquerons une voie réservée aux voitures, dans le sens Kirchberg>Ville-Haute. Les piétons et le tram pourront circuler.

Comme il n'y a aura qu'une seule voie bloquée, l'impact ne sera pas "trop négatif" si j'ose dire, même si ça va un peu ralentir les voitures. On va essayer de rendre ça ludique, avec des chants, de la musique et des échanges avec les automobilistes."

Et au niveau de l'encadrement?

"Nous avons reçu une formation pour faire de la désobéissance civile donc il y aura des consignes pour tous les participants. Certains seront en charge de la sécurité, d'autres de la musique et nous avons une équipe de premiers secours.

Surtout, nous avons été très transparents avec la police, qui sera présente pour encadrer le cortège à l'avant et à l'arrière.

C'est une mobilisation non-violente et tout le monde a été bien informé de ses droits et ses devoirs. Il faut comprendre que nous ne sommes pas des jeunes qui veulent juste perturber la société, on veut être entendus. On a des demandes concrètes. Mais on sait qu'il faut perturber un peu le quotidien des gens pour ne pas être ignoré."

Quelles sont ces revendications?

"Déjà l'urgence climatique, le fait de reconnaître qu'il faut agir maintenant. On n'a plus que onze ans pour inverser la tendance (elle fait référence à la "fenêtre climatique" qui stipule que les émissions de carbone doivent tomber à zéro d'ici 2030 pour respecter les objectifs de l'Accord de Paris, ndlr).

Ensuite, on aimerait un green new deal, avec des lois un peu plus restrictives. On pense aussi à la Banque européenne d'investissement (BEI, implantée au Kirchberg), qui finance encore de nombreuses activités polluantes..."

Vous vous en sortez avec l'école? Les parents?

"C'est vrai que ça demande beaucoup de travail, en plus de l'école. Nous sommes une trentaine à être des membres actifs, plus les "activistes de passage" qui nous rejoignent parfois. Il y a beaucoup de communication entre nous, via les réseaux sociaux ou lors de réunions, que nous organisons une fois par semaine.

Pour les parents, c'est vrai qu'au début ils ont eu un peu peur, surtout quand on dit que la police sera là, qu'il faut parler avec eux, manquer quelques cours... Mais ils ont compris que nous faisons ça pour notre futur."