Ces deux dernières années, 80% des entreprises européennes ont été victimes d'une cyberattaque.

Le coût de telles attaques est estimé au niveau mondial à plus de 400 milliards d'euros par an. Ces chiffres ont été cités parmi d'autres mercredi à la Chambre des députés, où un texte de loi sur la sécurité des systèmes informatiques a été voté à l'unanimité. Il s'agit de la transposition en droit national d'une directive européenne. Le rapporteur du projet de loi, Eugène Berger, a affirmé que le Luxembourg n'était pas une île en matière de cybercriminalité.

Cette loi fixe des règles uniformes pour les opérateurs et les fournisseurs de services, qui devront prendre toutes les mesures de précaution nécessaires pour protéger le mieux possible leurs systèmes. Si une cyberattaque survient malgré tout, elle devra être signalée aux autorités compétentes. Ces dernières sont au nombre de deux au Luxembourg: d'une part la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF) pour le secteur bancaire et financier, et d'autre part, l'Institut luxembourgeois de régulation (ILR) pour les autres secteurs comme l'énergie ou les transports.

Le texte a été adopté à l'unanimité par les députés, même si certaines critiques ont été émises par l'opposition. Sven Clement, du Parti pirate, s'est par exemple plaint de voter une loi sans savoir combien de sociétés sont concernées au Luxembourg et dans quelle mesure. 

Les députés étaient cependant tous d'accord sur l'importance de cette directive, pas seulement en vue de l'impact économique, mais aussi parce que la digitalisation joue déjà un grand rôle aujourd'hui et que cette tendance va se renforcer.