Le projet européen de faire indemniser les chômeurs dans le dernier pays d'activité avance.

Le Parlement européen et les ministres ont annoncé jeudi après-midi que le projet de modifications des prestations sociales aux travailleurs mobiles de l'UE avait connu une nouvelle avancée.

Pour faire simple, et dans le cas du Luxembourg, c'est le projet qui va permettre d'indemniser les frontaliers au Grand-Duché plutôt que dans leur pays de résidence.

Un dossier particulièrement complexe dans le cas du Luxembourg, qui compte plus de 190.000 frontaliers, soit plus de 45% de son emploi intérieur !

En juin dernier, Nicolas Schmit, alors ministre du Travail, avait estimé que la mesure allait amener plus de 10.000 demandeurs d'emploi supplémentaires dans les comptes luxembourgeois. Soit presque le double du nombre actuel (environ 15.000 chômeurs début 2019).

CE QUI VA CHANGER POUR LES TRAVAILLEURS

Qui dit droits dit devoirs. Pour les frontaliers qui perdent leur emploi, les règles vont changer: ils devront répondre aux critères luxembourgeois d'indemnisation, dont la durée et le montant vont changer. Par exemple, à ce jour, toute personne qui prétend aux prestations de chômage au Luxembourg doit se rendre une fois par mois dans un bureau de l'Adem.

La durée maximale d'indemnisation au Luxembourg est de douze mois, contre 24 mois en France et en Allemagne (sous conditions d'âge et de durée et de cotisation) et illimitée en Belgique.

Concernant le montant maximal, il y aura là aussi du changement. Le Luxembourg applique un maximum dégressif de 80% du salaire brut touché dans dans les trois mois avant le chômage. La Belgique fonctionne avec plusieurs plafonds dégressifs dans les temps, dont le dernier, illimité, est un forfait. La France choisit la formule la plus avantageuse de deux calculs basés sur le salaire de référence (le brut des douze derniers mois alloué au chômage). Enfin l'Allemagne calcule les 60% du revenu net. Et les montants peuvent évidemment varier selon la situation de l'ex-travailleur (revenus, enfants, durée de cotisation...).

La mesure doit encore être votée et entrera en vigueur en 2021. Le Luxembourg devrait bénéficier d'un délai pour l'appliquer (pas avant 2026) et ainsi se donner le temps de faire face aux milliers de dossiers supplémentaires qu'il devra gérer.