L'école européenne leur refuse le droit de grève, "même pour une bonne cause"? Tant pis, répond Zélie, une des organisatrices de la marche pour le climat.

"Dans mon école, pleins d'élèves en parlent, les professeurs aussi, tout le monde est au courant. Et on va voir très bientôt combien d'élèves sortiront et comment ça va se passer. Mais on sent déjà qu'il y a de l'excitation!" résume Zélie Guisset, contactée ce vendredi matin aux environs de 10h par RTL5minutes.

Cette lycéenne de 17 ans, élève à l’École européenne du Kirchberg, fait partie des coordinateurs de la grève pour le climat qui débutera aujourd'hui vers midi, depuis le Glacis vers la place Guillaume II. Les lycéens qui ont lancé le mouvement espèrent au moins 10.000 participants! Certains sont déjà présents depuis 10h...

Une splendide initiative contre le changement climatique, largement soutenue par la société civile (partis politiques, syndicats, ONG...). Hélas, si le gouvernement a donné le feu vert aux lycéens pour cette "noble" cause, l'École européenne se montre moins solidaire...

RTL

Des jeunes accompagnés de Greta Thunberg, la figure du mouvement (avec le bonnet blanc) manifestant en faveur du climat à Hambourg en Allemagne, le 1er mars dernier. On espère au moins 10.000 participants au Luxembourg aujourd'hui. / © AFP

"UNE ABSENCE INJUSTIFIÉE"

Comme le rapporte un journaliste du Quotidien, l'administration de l'école européenne de Luxembourg II (Mamer) a envoyé un courriel aux parents élèves, pour leur notifier que "selon le Règlement général des écoles européennes, la participation des élèves à une grève, même pour une bonne cause, n’est pas prévue (…). En cas de participation à la grève, l’absence sera considérée comme une absence injustifiée".

Il est regrettable d'"interdire aux jeunes d’exprimer leur conscience politique mûrissante" sur un enjeu si crucial, écrit le journaliste, pour qui "Une dérogation exceptionnelle au nom de cette "bonne cause" aurait été tellement plus conforme aux valeurs européennes !"

"ILS SAURONT QUI A FAIT LA GRÈVE"

Zélie confirme : "Effectivement, la direction ne soutient pas du tout la grève, parce que selon le règlement des écoles européennes, on n'a pas le droit à ce type d'action."

Si elle rappelle que les élèves peuvent théoriquement sortir de l'école, à défaut pour les plus jeunes avec l'autorisation de leurs parents, l'école européenne ne fera pas d'exception : "Ils n'acceptent pas la grève comme excuse valide pour l'absence de l'école. Bon, on n'a pas de punition si on a une absence non justifiée, donc ça ca va, mais ce sera quand même noté, ils sauront qui a fait la grève, et il n'accepteront pas ce motif d'absence".

DES PROFESSEURS SOLIDAIRES

Même topo au niveau des professeurs : "C'est clair que l'école ne veut pas qu'ils participent à la grève, parce qu'ils n'en ont pas le droit. Mais des professeurs nous soutiennent. Je ne sais pas si certains vont quand même marcher avec nous, mais c'est possible. Ca ne me surprendrait pas d'en croiser!"

Un message pour les élèves qui hésiteraient à se joindre au mouvement? "J'ai vraiment hâte de voir comment ça va se passer, et même si je pense pas qu'on va changer les choses en une fois, la situation est urgente, donc j'espère qu'on sera nombreux à se soucier de notre futur" encourage la lycéenne.