Les caméras d'Arte sont allées traîner du côté du Grand-Duché, à la rencontre de réfugiés, de Luxembourgeois, et de l'auteur du célèbre "merde alors"...

"L'un des sujets importants pour les Luxembourgeois est la migration" constate une journaliste d'Arte. Et pour cause, poursuit-elle, "depuis 2015 le Luxembourg a accueilli près de 10 000 demandeurs d'asiles." Le Luxembourg est proportionnellement l'un des pays européens qui accueille le plus de migrants depuis le début de la crise migratoire.

Et contrairement à d'autres États, le Grand Duché n'a pas fermé ses portes : "Le nombre de demandeurs d'asile y est toujours aussi important qu'au plus fort de la crise, sans que cela pose de problème pour le vivre-ensemble" affirme ce petit documentaire de cinq minutes, intitulé "Migrants : la tradition d'accueil du Luxembourg", et disponible ce jeudi sur le site d'Arte.

LA GALÈRE DE TROUVER UN LOGEMENT

Le reportage se poursuit au restaurant Chiche!, où les serveurs et cuisiniers sont des demandeurs d'asiles et des réfugiés. Khadem, un Afghan qui a fuit les Talibans, raconte ses débuts difficiles au Luxembourg, où il est arrivé "un peu par hasard" en 2015.

On assiste aussi à ses émouvantes retrouvailles avec la famille luxembourgeoise qui l'a hébergé plusieurs mois auparavant.

Sa mission désormais est de quitter son logement loué à prix modéré et de trouver un studio. Mais se pose la question du budget : "Peut-être de 600 ou 700 euros par mois... pas facile" sourit-il. Comme le rappelle la journaliste, les loyers au Luxembourg sont les plus chers d'Europe et il y a moins de 2% de logements sociaux dans le pays.

"MERDE ALORS"

La journaliste va ensuite à la rencontre de Jean Asselborn : "On n'arrivera jamais à avoir une politique migratoire commune effective en Europe si on reste sur cette position que tout peut être volontaire. Que ceux qui veulent participer participent, et que ceux qui ne veulent pas participer ne participent pas. Ça ne marchera pas" clame le ministre des Affaires Étrangères.

Le ministre tient ensuite à montrer à la journaliste la vidéo qui a fait le buzz il y a quelques mois, lorsqu'il recadre le vice-président du conseil italien, Matteo Salvini. "Au Luxembourg on avait des dizaines de milliers d'Italiens, qui sont venus comme migrants, qui ont travaillés au Luxembourg, pour que vous, en Italie, vous ayez de l'argent pour vos enfants" avait clamé Asselborn, avant de ponctuer d'un sonore et désormais célèbre "merde alors".