Chaque année, à la sortie de l'hiver, la situation semble se répéter: le Luxembourg a besoin de donneurs de sang.

Avec environ 13.000 donneurs par an, le pays compte un réservoir de volontaires plutôt large. Ce qui ne doit pas faire oublier qu'il doit parfois faire face à des périodes plus compliquées, notamment à la sortie de l'hiver. Et c'est le cas en ce moment.

"On est dans la limite inférieure des stocks" détaille la doctoresse Andrée Heinricy, responsable des prélèvements au centre de transfusion de la Croix-Rouge à Luxembourg-ville. La faute à l'hiver, où les coups de froid et autres syndromes grippaux sont nombreux.

TOUT LE MONDE PEUT DONNER

Si certains facteurs sont rédhibitoires (prise de médicaments, maladie, tatouage récent, certains voyages à l'étranger, pratiques sexuelles à risques), le don est ouvert aux résidents comme aux frontaliers. Une fois enregistré, un donneur sera rappelé lorsque la Croix-Rouge aura des difficultés d'approvisionnement. "On envoie les invitations selon nos besoins, par groupe sanguin", précise Andrée Heinricy. Las, le taux de réponse n'est pas très élevé. "On doit donc inviter beaucoup de monde." 

Si vous êtes déjà donneur, votre meilleur réflexe sera donc de répondre positivement à l'invitation que vous aurez peut-être reçue récemment. Et si vous n'avez pas encore sauté le pas, il est toujours temps de prendre rendez-vous et de vous rendre au centre.

Une mobilisation d'autant plus importante qu'il faut constamment renouveler les volontaires. Pour compenser les départs des donneurs âgés, il faut aller chercher et fidéliser entre 1.000 et 1.500 nouveaux donneurs chaque année. Heureusement, les jeunes sont très sensibles à ces questions: "notre meilleure campagne de recrutement se déroule pendant la foire des étudiants" se réjouit la responsable des prélèvements.

VIDEO: Cinq choses à savoir sur le don du sang
Avec le Dr Andrée Heinricy, du centre de transfusion de la Croix-Rouge.

IL FAUT DONNER TOUTE L'ANNÉE

Si la Croix-Rouge fait des appels ciblés, sur invitation, c'est avant tout une question d'efficacité et de gestion des donneurs. "Il faut qu'il y ait une continuité des dons. Il ne faut surtout pas de gros pics ni de période de creux" nous précise Anne Schumacher, médecin biologiste et responsable du laboratoire de la Croix-Rouge.

Bien que les dons peuvent ralentir durant certaines périodes, la demande en sang des malades ne faiblit jamais. Pas même durant l'été.

Toute la difficulté est donc d'équilibrer les stocks, qui ne doivent être ni trop bas, ni trop hauts, car les produits sanguins ne peuvent pas être conservés indéfiniment: 42 jours pour les globules rouges et cinq jours pour les plaquettes.

LES CINQ ERREURS À NE PAS COMMETTRE

Venir à jeun: Il est recommandé de manger normalement avant un don.

Penser que ça dure longtemps: Comptez environ 1h15 pour votre tout premier don de sang (formulaire, entretien, don, collation) contre moins de 37 minutes pour un donneur régulier.

Avoir peur de la piqûre: Elle n'est pas plus douloureuse qu'une prise de sang. Et le don en lui-même ne prend que cinq à dix minutes.

Avoir peur de faire un malaise: C'est rare. Même si le stress ou la vue du sang peut perturber certains donneurs, il ne faut pas trop s'en faire, les professionnels sont là.

Repartir sans prendre de collation: Après avoir donné, il faut reprendre des forces ! Ce qui implique de bien boire, de manger un peu et de prendre le temps de se reposer.

Les hommes sont invités à donner au maximum quatre fois par an, contre trois pour les femmes. En plus des dons au centre de transfusion sanguine à Luxembourg-Ville (8h-16h les lundis, mardis et vendredis; jusqu'à 18h les mercredis et jeudis), près du Glacis, les donneurs peuvent se rendre à une des collectes mobiles organisées dans tout le pays du lundi au vendredi.