Dans une question parlementaire, le député DP André Bauler a interrogé Etienne Schneider sur le poids financier des bouchons.

Si Etienne Schneider a indiqué d'emblée que selon le Statec, il n'existe aucune "étude globale analysant l'impact des embouteillages sur l'économie luxembourgeoise", il a notamment avancé quelques données sur le temps perdu chaque jour dans les embouteillages.

NEUF MINUTES PAR JOUR DANS LES BOUCHONS

En 2014, le Statec évaluait à 1h30, en moyenne, le temps passé par les résidents en déplacement, tous types de locomotion confondus. 90 minutes donc, dont 37% pour aller et revenir du travail, soit un peu plus de 33 minutes par jour.

Une autre étude de 2016, menée par Inrix, avance 33 heures par an dans les bouchons (sans distinction des résidents et des frontaliers). Le Grand-Duché serait ainsi le 4e pays avec le plus de temps passé dans les bouchons par an et par personne en Europe. D'après le ministre, cela équivaudrait à neuf minutes de bouchon par jours ouvrables.

UN RÉSULTAT CRÉDIBLE ?

Une moyenne bien basse qui n'a pas manqué de faire réagir les internautes, souvent habitués à contribuer bien plus que neuf minutes à un trafic trop dense. Mais pour comprendre ce résultat, il faut jeter un œil à la méthodologie de l'étude.

Le premier biais est qu'il s'agit d'une moyenne. Il s'agit donc d'un indicateur général. Ainsi, certains passent beaucoup de temps bloqués dans leur voiture quand d'autres ne connaissent pas du tout ce souci. À cela s'ajoute de fortes disparités selon la période de l'année (vacances scolaires ou non).

Deuxième biais : dans la question parlementaire, les 33 heures sont rapportées au nombre de jours ouvrables. Estimés ici à 230 par an avec le calcul suivant : 52 x 5 jours par semaine + 30 jours de congés payés. Le résultat peut donc être imprécis puisque dans le secteur privé, les salariés n'ont droit qu'à 25 jours (plus selon les conventions collectives). Pour ceux du public, c'est 30 jours par an. Mais pour l'un comme pour l'autre, il faudrait y ajouter les jours fériés (dix par an, dont certains tombent le weekend).

Troisième biais : calculer la durée habituelle d'un trajet suppose de connaître la distance du parcours et la limite de vitesse. Quand elle ne disposait pas de ces données, l'Inrix s'est basé sur un trajet référence de trente minutes.

Quatrième biais : rien n'indique que les bouchons situés sur les réseaux étrangers mais en direction du Luxembourg, donc avec des travailleurs frontaliers, sont pris en compte dans l'étude. A priori, les bouchons sur les réseaux autoroutiers, nationaux et secondaires étrangers sont donc ignorés.

POUR CONCLURE...

Sans affirmer que les neuf minutes avancées par Inrix sont complètement erronées, gardons à l'esprit qu'il ne s'agit que d'une indication moyenne qui ne reflète pas forcément le contexte local. Pour véritablement connaître le temps perdu chaque jour dans les bouchons, il faudra attendre que le Statec et le gouvernement se penchent sur une nouvelle étude qui évaluera bien mieux les effets des embouteillages.