Au nord de Thionville, le projet d'A31bis inclut une possible transformation de la bande d'arrêt d'urgence en voie de bus. Toutes nos explications sur cet aménagement qui laisse les usagers sceptiques.

Faire passer les transports en commun frontaliers sur la bande d'arrêt d'urgence de l'A31. Est-ce une bonne ou une mauvaise idée? L'option est en tout cas sur la table, alors que les services de l'État français cherchent à aménager l'autoroute.

Dans le cadre du projet A31bis, qui prévoit un élargissement à 2x3 voies entre Thionville et la frontière, les autorités mentionnent la "possibilité" de créer "une voie réservée aux transports collectifs sur bande d'arrêt d'urgence". En clair, faire passer les bus des frontaliers sur le côté pour les sortir des bouchons, où ils perdent beaucoup de temps. Un moyen de rendre le bus plus efficace et ponctuel, avec l'objectif de "doubler le nombre de voyageurs" d'ici 2030.

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Voici à quoi l'A31bis pourrait ressembler: trois voies de circulation par sens, et une bande d'arrêt d'urgence pouvant accueillir les transports en commun en cas de bouchons. / © Préfecture de la Moselle

Mais cette possibilité est soumise à certaines conditions. "En cas de congestion, et seulement dans ce cas, nous pourrions permettre aux bus de prendre la bande d'arrêt d'urgence à une vitesse maximale de 70 km/h" explique Hervé Vanlaer, directeur de la Dreal Grand Est. En revanche, si le trafic est fluide, ils ne pourraient circuler que sur les voies normales. La bande d'arrêt d'urgence serait donc laissée libre pour les automobilistes en détresse et les véhicules de secours.

Le projet prendrait aussi en compte les entrées et sorties d'autoroute, avec marquages et signalisations pour éviter un accident sur un aménagement déjà existant en France mais encore méconnu des automobilistes. Côté luxembourgeois, une priorité est également envisagée pour les transports en commun afin d'assurer la continuité du parcours sur l'A3.

Quand certains se réjouissent du gain de temps associé, des conducteurs s'inquiètent. "Je suis déjà tombé en panne sur l'A31, ça fait suffisamment peur, je n'ose pas imaginer si un bus débarquait derrière" lançait un des participants lors d'une concertation publique pour l'A31bis lundi à Terville. Le débat devrait se poursuivre aux prochaines réunions publiques de concertation pour l'A31bis.

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