Quatre variantes de l'A31bis sont en discussion pour créer le contournement de Thionville. Voici lesquelles.

Mardi soir, la préfecture de la Moselle et la Dreal ont ouvert un nouveau cycle de concertations pour choisir le futur de l'A31bis, où des milliers d'automobilistes circuleront.

Jusque février, l'État, les automobilistes et les riverains discuteront d'un projet dont on parle depuis plusieurs décennies. Et qui continuera à faire parler, tant le désaccord est profond. Après plusieurs études et une concertation en 2018/2019, le choix est aujourd'hui concentré sur quatre tracés: trois avec un tunnel, un avec un viaduc...

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© Préfecture de la Moselle

Quelle que soit la solution retenue, elle est déjà indispensable: les conditions de circulation sont "très dégradées" fait savoir Paul Bouzid, du service des Transports de la Dreal. Et les mesures déjà existantes, dont la régulation dynamique de la vitesse, n'ont pas permis de ramener suffisamment de fluidité.

En 2030, date à laquelle l'A31bis ne sera de toute façon pas terminée, la France pourrait envoyer au moins 20.000 frontaliers supplémentaires vers le Luxembourg. Ce qui se traduira par des milliers d'automobilistes en plus sur la route.

Si rien n'est fait, la Dreal a calculé que la vitesse moyenne de circulation sera inférieure à 70 km/h sur la plupart des tronçons existants de l'autoroute A31. Inenvisageable pour les automobilistes, qui perdent trop de temps sur la route. Inenvisageable aussi pour les employeurs, dont l'activité est mise à mal par des bouchons quotidiens.

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Le projet rencontre toutefois une forte opposition locale. De la part des habitants du secteur de Florange et Serémange-Erzange, qui ne veulent pas d'une autoroute près de chez eux. De la part des automobilistes, qui seront mis à contribution par la création d'un péage. De la part de citoyens soucieux des questions environnementales, car l'autoroute permettra une augmentation du trafic et conduira à la destruction de zones naturelles.

À QUOI RESSEMBLERA L'A31BIS?

L'A31bis ne consiste pas en la construction d'une nouvelle autoroute parallèle à l'A31 mais signifie bien l'élargissement à 2x3 voies de l'actuelle, au nord de Thionville et depuis Richemont jusqu'à l'échangeur A31bis. L'une pourra être réservée au covoiturage. La bande d'arrêt d'urgence se muera elle en voie de circulation pour les bus. S'y ajoutera un petit accotement.

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L'A31bis serait constituée, au nord de Thionville, de trois voies de circulation, dont une pour le covoiturage, et une bande d'arrêt d'urgence permettant le passage des transports en commun. / © Préfecture de la Moselle

Autour de Thionville, un des quatre "fuseaux" à l'étude permettra le contournement de la ville, dont la traversée par l'A31 est laborieuse chaque jour.

La variante F4 propose par exemple de créer un tunnel profond sous Florange. Cette A31bis relierait alors l'A30 depuis l'échangeur de Fameck à l'A31, à l'échangeur de Bétange. Soit 7,9 km en 2x2 voies, dont 2,2 km de tunnel sous une zone urbanisée. De quoi "bien desservir la vallée de la Fensch", notion importante dans le projet, avec l'avantage de pouvoir réaliser cette portion vers 2030. Décrié par certains riverains, ce tunnel permettrait toutefois "d'éviter de nuire au château de Bétange" et son allée des Marronniers, site inscrit aux Monuments Historiques. La variante est toutefois une des plus onéreuses à réaliser, ce qui se traduira directement sur le coût du péage.

La variante F5 est une revenante. Initialement abandonnée, elle est remise au dossier après la fermeture prématurée de la cokerie d'ArcelorMittal à Serémange-Erzange. La dépollution du site repousserait toutefois la réalisation du projet loin dans le temps, à 2037 ou 2038. Ce fuseau situé un peu plus à l'ouest est scindé en deux possibilités:

  • celle d'un "tunnel de surface" relativement court (800 mètres), donc moins onéreux mais avec plus de désagréments pour Florange, où des expropriations seraient prononcées. Le bois de l'Étoile seraient également "coupé" par l'autoroute. Le coût du péage serait plus limité pour les automobilistes.
  • celle d'un tunnel profond, plus long et plus cher, qui passerait sous la cokerie. En revanche, il ne protégerait pas le bois de l'Étoile. Avec un péage sensiblement plus cher, ce tronçon pourrait être moins emprunté, ce qui n'allègera pas suffisamment le trafic sur le réseau secondaire.

La variante F10 est sensiblement différente. En plus d'être la seule à ne pas être conçue en tunnel, elle serait parallèle à l'A31 existante. Le tracé propose en effet de partir depuis Illange, de construire un viaduc au-dessus de la Moselle et de passer juste en-dessous de Terville. Le projet serait viable vers 2030. Le tracé est toutefois jugé problématique compte tenu de ses effets sur l'environnement et la desserte de la vallée de la Fensch, qui en bénéficierait peu.

Il n'existe "pas de variante miracle"a fait savoir Paul Bouzid lors de la réunion. Propos repris par le préfet de la Moselle, qui ne voit pas comment faire sans cette A31bis. "Ce n'est pas celle de l'État mais c'est une possibilité, celle de ne rien faire et laisser tous les inconvénients en l'état" a-t-il répondu aux opposants qui ne veulent pas de l'A31bis, qu'importe le tracé retenu. Une solution qui conduirait inévitablement à la saturation encore plus importante de l'autoroute.

Les débats se poursuivront dès lundi avec une nouvelle réunion sur les enjeux de mobilité sur le secteur frontalier.