La justice française vient de condamner huit militaires reconnus coupables de harcèlement moral et violences sur un de leurs camarades à Nancy.

Huit militaires de l'armée de l'air ont été condamnés vendredi par la chambre militaire du tribunal de Metz, compétent en la matière, à des peines allant de quatre à quatorze mois de prison avec sursis pour harcèlement moral et violences, a-t-on appris auprès de l'avocat de la victime.

Deux autres prévenus, dont un colonel qui était jugé pour "violation de consigne", une infraction au code de la justice militaire, ont été relaxés, a indiqué Me Frédéric Berna, joint par l'AFP.

Les dix prévenus, jugés le 16 septembre dernier, étaient accusés de harcèlement moral et de violences commises lors de sessions de "bizutage", de 2015 à 2018, envers un jeune mécanicien qui travaillait sur les avions de chasse, et a depuis quitté l'armée. Tous étaient alors en poste sur la base 133 de Nancy-Ochey.

"Ce qui est extrêmement important dans ce dossier est qu'un groupe de huit sous-officiers soit condamné pour le harcèlement d'un seul homme", a réagi Me Berna. "Il est temps d'arrêter de couvrir ce type d'agissements" au sein de l'institution militaire, a ajouté l'avocat.

Son client, âgé de 28 ans, se sent "entendu": "On l'a tellement humilié et dissuadé de faire ces démarches" pénales qu'il "n'y croyait plus". Il espère désormais que "cette décision permettra à l'armée de se réformer en profondeur".

D'après Me Berna, il faisait partie "des meilleurs militaires de sa génération et il a été exclu de l'armée parce que son comportement dans la vie privée ne plaisait pas".

En février 2021, une enquête préliminaire avait été ouverte à Metz après le dépôt de plainte de cinq militaires, trois hommes et deux femmes, de cette même base aérienne, là aussi pour harcèlement moral. L'enquête est toujours en cours.