Le désarroi des automobilistes était toujours palpable dans de nombreuses stations-service de France vendredi, souvent privées de tout ou partie de leurs carburants en raison d'une grève pour les salaires chez TotalEnergies, qui dure depuis dix jours et bloque plusieurs raffineries.

"On a eu notre dernière livraison de camion le 29 septembre. Ca tient à peu près deux jours et c'est fini. On est à sec depuis plusieurs jours", témoigne jeudi le gérant d'une station TotalEnergies, qui souhaite rester anonyme.

Chez le pétrolier français, outre sa raffinerie de Normandie, les grévistes étaient massivement mobilisés au dépôt de carburants de Flandres, près de Dunkerque (Nord), à la "bio-raffinerie" de La Mède (Bouches-du-Rhône) et au dépôt de carburants de Grandpuits (Seine-et-Marne) notamment, pour limiter au maximum la sortie de produits pétroliers, selon la CGT.

La mobilisation était nettement moins importante -- 10 à 30% de grévistes -- à la raffinerie de Feyzin (Rhône), mais concentrée sur le service stratégique des expéditions, où la CGT revendiquait "entre 80 et 100% de grévistes", a indiqué à l'AFP Pedro Afonso (CGT).

Les blocages des grévistes entraînent une baisse des livraisons de carburant, les stations-service sont donc plus souvent en rupture de stocks d'essence ou de diesel. TotalEnergies gère près du tiers des stations françaises.

Mais le groupe met aussi les perturbations sur le compte du succès de la remise à la pompe de 20 centimes qu'il accorde depuis le 1er septembre, en sus de la ristourne de l'Etat de 30 centimes.

Actuellement, 15% des stations-service sont concernées par un manque d'un ou plusieurs carburants, selon un chiffre cité par plusieurs ministres.

Le comportement de certains automobilistes a poussé l'Etat à interdire la vente et l'achat de carburant dans des jerricans et bidons, notamment dans certains départements des Hauts-de-France, où les stations TotalEnergies comme de ses concurrents ont été prises d'assaut.

Parfois, ce sont les gérants des stations eux-mêmes qui font la police, afin de gérer les longues queues d'automobilistes prêts à tout pour remplir leur réservoir.

"C'est comme ça depuis 5H00 du matin et depuis plusieurs jours", témoigne ce vendredi Ali Mansoibou, qui tient la station et qui limitait le passage à la pompe à 30 euros par personne.

CARTE INTERACTIVE

Afin d'éviter de devoir faire plusieurs dizaines de kilomètres (ou parfois plus) afin de trouver du carburant, une autre solution existe, plus facile d'utilisation et moins coûteuse. Il s'agit d'une carte interactive, mise à jour en temps réel et proposée par le ministère de l'Économie français.

Elle fournit plusieurs informations très intéressantes, tout d'abord le prix de l'essence et du diesel (gazole) au moment de la recherche, et ce, dans chaque station, mais elle permet également se voir si le carburant que vous désirez acheter est encore disponible ou en rupture de stock. La carte est consultable gratuitement en suivant ce lien.

MACRON: "PAS DE PANIQUE"

"Pas de panique", a lancé vendredi le président Emmanuel Macron en appelant au "calme" et à la "reponsabilité" à propos de grèves dans des groupes pétroliers qui provoquent depuis quelques jours de graves problèmes d'approvisionnement en carburants.

"Je sais l'inquiétude qu'il y a chez beaucoup de nos compatriotes" au sujet des carburants. "Je veux ici vraiment avoir un message (...) d'appel au calme", a déclaré le président lors d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet européen informel à Prague. "J'appelle aussi chacune et chacun à la responsabilité. (...) Toutes les revendications salariales sont légitimes, mais il ne faut pas qu'elles empêchent les uns et les autres de vivre et de pouvoir circuler".